Stephanus art gallery

Collages and photos

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  • admin - Monday 9 November 2015 23:06
    This title is ironic, because it refers to the idea that my parents and my brother had of it. My father was afraid that I would be unable to make a living of my art. So he did everything to keep me from going to an art school. My brother was dying of jealousy by imagining a bohemian life on the theme: Wein, Weib und Gesang = Sex and Drugs and Rock and Roll. So he worked secretly to sabotage me financially.

    And despite all these obstacles, my bohemian life had good sides (parties, love affairs ...) and I took advantage. But it did not last long. I had to make a living other than by painting and it is only during the holidays I felt really free, but not as much since my retirement. Since ten years, I bask as the artist of my collage, happy to have achieved my dream of adolescence: create and dream freely. Of course at almost 75 now and the aforementioned triad is softened, but somehow I am not fundamentally rock and roll, except in my head, so no regrets, except for being so misjudged by my family and having been unable to successfully cause a frank explanation and have had to work in secret, too, to go to the art school.

    Am I really like the artist in my collage? It is true that I am often lounging on the couch, that I love listening to music and especially that I have a wife who supports me and who is dear to me - this collage cannot lie, it is supposed to express what moves and touches me. A rare moment in an artist’s life. (

    Ce titre est ironique, car il se réfère à l’idée que s’en faisaient mes parents et mon frère. Mon père craignait que je sois incapable de gagner ma vie. Il a donc tout fait pour m’empêcher d’aller dans une école d’art. Mon frère, lui, crevait de jalousie en m’imaginant mener une vie de bohème sur le thème : Wein, Weib und Gesang = Sex and Drugs and Rock and Roll. Il a donc œuvré en secret pour me saboter financièrement.

    Et malgré tous ces obstacles, ma vie de bohème avait de bons côtés (les fêtes, les amours…) et j’en ai bien profité. Mais elle n’a pas duré longtemps. J’ai dû gagner ma vie autrement qu’en peignant des tableaux et ce n’est que pendant les vacances que je me sentais vraiment libre, mais pas autant que depuis ma retraite. En effet, depuis dix ans, je me prélasse comme l’artiste qui figure sur mon collage, heureux d’avoir réalisé son rêve d’adolescence : pouvoir créer et rêver sans entraves. Bien sûr qu’à presque 75 ans, la triade susnommée s’est adoucie, mais de toute façon je ne suis pas foncièrement rock and roll, sauf dans ma tête, donc pas de regrets, sauf celui d’avoir été si mal jugé par ma famille et d’avoir été incapable de réussir à provoquer une explication franche et d’avoir dû œuvrer en secret, moi aussi, pour aller aux Beaux-Arts.

    Suis-je vraiment comme l’artiste de mon collage ? Il est vrai que je me prélasse bien souvent sur le canapé, que j’aime écouter de la musique et surtout que j’ai une épouse qui me soutient et qui m’est chère – ce collage ne ment donc pas, puis qu’il est censé exprimer ce qui me meut et émeut. Un moment rare de la vie d’artiste.

  • admin - Tuesday 3 November 2015 16:06
    Under the surface
    I was born in a country flat like a cake. My first contact with the mountain happened when I was 5 (1946), when I spent six months in a children's home in the Bavarian Alps. But this image does not refer to this. My memories are confined to the refectory, to handicrafts, to the room where I was sleeping and flowery meadows in the spring. Not very happy memories. Then Switzerland next summer, with the discovery of a land of plenty and beautiful landscapes.

    It is with this episode from my childhood that I make the link. I see myself quite well in this little boy laughing and confident country, even though that was hardly the case at the time, to me it seems. This idyllic and nostalgic world is yet still there but you have to climb high enough in the mountains to be able to find it. And I am told it is threatened!

    The memories, I can revel them as the dog, but I need to go beneath the surface of appearances, discover the forces that are at work. Another harmony arises from it. Certainly, it is neither necessarily conventional nor pleasing to the eye, but the little boy in me cannot help dreaming, sinking beneath the appearance of things he smells like a dog. I have the impression of finding a thousand invisible treasures underneath that I bring to light, like the reflection of another world. Should I remain on the surface and revel in this water although there is a real ocean below? I prefer my snorkeling in the dark like the first explorers of the Deep Blue whose pictures I have discovered when I was a child.

    Je suis né dans un pays plat comme une galette. Mon premier contact avec la montagne date de mes 5 ans (1946) quand j’ai passé 6 mois dans un home pour enfants dans les Alpes bavaroises. Mais cette image ne s’y réfère pas. Mes souvenirs se bornent au réfectoire, aux travaux manuels, à la chambre où je dormais et aux prés fleuris au printemps. Pas de souvenirs très joyeux. Puis la Suisse l’été d’après, avec la découverte d’un pays de cocagne et des paysages magnifiques.

    C’est donc avec cet épisode de mon enfance que je fais le lien. Je me verrais assez bien dans ce petit garçon rieur et sûr de lui, même si ce n’était guère le cas à l’époque, me semble-t-il. Ce monde idyllique et nostalgique, il existe pourtant encore, mais il faut monter assez haut dans la montagne pour pouvoir le retrouver. Et on me dit qu’il est menacé !

    Les souvenirs, je peux m’en délecter comme ce chien, mais il me faut aller sous la surface des apparences, découvrir les forces qui sont à l’œuvre. C’est une autre harmonie qui en surgit. Certes, elle n’est pas conventionnelle ni forcément agréable à l’œil, mais le petit garçon en moi ne peut s’empêcher de rêver, de s’enfoncer sous l’apparence des choses qu’il flaire comme le chien. J’ai l’impression d’y trouver mille trésors invisibles que je ramène à la lumière, comme le reflet d’un autre monde. Faudrait-il rester à la surface et me délecter de cette eau-là alors qu’il y a un véritable océan en dessous ? Je préfère mes plongées en apnée dans l’inconnu à l’instar des premiers explorateurs de la Grande Bleue dont j’ai découvert les images quand j’étais enfant.

  • admin - Thursday 8 October 2015 16:16
  • admin - Monday 5 October 2015 12:43
    See also the GIF animation at:
  • admin - Thursday 1 October 2015 12:20
    See also my GIF animation of this collage:
  • admin - Tuesday 18 August 2015 22:46
    I remember
    I do not know how old I am, but I'm still small. My brother is five years older than me. We receive the visit of the doctor coming to vaccinate us against smallpox, I think. My brother bare torso - is he standing or sitting, I do not know any more - and the doctor shoves a long needle of a large syringe in his breast. He grimaces, complains .The next to suffer this torture will be me. Fortunately my memory stops there as in a nightmare.

    What relationship with today? No doubt the current situation of my bedridden brother, whose words are for the most inconsistent and who requires daily care which involve manipulations that he does not like to judge his grimaces.

    The victim is him. What a turnaround for him, who out of jealousy, beat me, denigrated me and later gave me some filthy blows from behind my back. The victim, now is no more me. It is true that I stopped being his victim t a long time ago, thanks to a therapy that led me to write him a letter describing what he had made me suffer. But I remain a victim anyway, because you do not erase the past. But you can relativize.

    The collage only illustrates that the feable can be subjected to the strong, like the Middle Age paintings describing in great detail the torture of martyrs. In this, these painting are truer than the idyllic representations of paradise. And I have not forgotten these paintings hanging in the museum of the city of my youth and which s impressed me so much by their truth and expressive density. And I imagine that inside my brother there is a very small child who is afraid and tries to reconcile with everyone by being kind, as if the disease had delivered him from his demons , except when being manipulated. He then make a face, says "ouch" and makes me like a wink, as if to say: It does not matter, but I'd love to be master of myself, but I know it is impossible, that's why I do the child.

    Je ne sais pas quel âge j'ai, mais je suis encore petit. Mon frère a 5 ans de plus que moi. Nous recevons la visite du médecin venu nous vacciner contre la variole, je crois. Mon frère a le torse dénudé – est- il debout ou assis, je ne sais plus – et le le docteur lui enfonce une longue aiguille de grosse seringue dans le torse. Il grimace, se plaint .Le prochain à subir cette torture sera moi. Heureusement que mon souvenir s'arrête là comme dans un cauchemar.

    Quel rapport avec aujourd'hui? Sans doute l'actuelle situation de mon frère grabataire, dont les paroles sont pour la plupart incohérentes et qui nécessite des soins quotidiens qui impliquent des manipulations qu'il n'apprécie guère à juger de ses grimaces.

    La victime, c'est lui. Quel retournement pour lui, qui par jalousie, me battait, me dénigrait et, plus tard me faisait quelques coups pendables en douce. La victime, c'est dorénavant lui, plus moi. Il est vrai que j'ai cessé d'être sa victime il y a fort longtemps, grâce à une thérapie qui m'a amené à lui écrire une lettre décrivant ce qu'il m'avait fait subir. Même si je reste sa victime malgré tout, car on n'efface pas le passé. Mais on peut le relativiser.

    Le collage ne fait qu'illustrer ce que le fort peut faire subir au faible, à la manière des peintures moyen-âgeuses décrivant avec force détails les tortures subies par les martyrs. En cela, cette peinture-là est plus vraie que les représentation idylliques du paradis. Et je n'ai point oublié ces tableaux du musée de la ville de ma jeunesse et qui m'ont tant frappé par leur vérité et leur densité expressive. Et j'imagine qu'à l'intérieur de mon frère il y a un enfant tout faible qui a peur et qui essaie de se réconcilier avec tout le monde en se montrant aimable, comme si la maladie l'avait délivré de ses démons, sauf quand on le manipule. Il fait alors la grimace, dit « aïe » et me fait comme un clin d'oeil, comme pour me dire : Ce n'est pas grave, mais j'aimerais tant être maître de moi-même, mais je sais que c'est impossible, alors je fais l'enfant.
  • admin - Monday 13 July 2015 12:15