Stephanus art gallery

Collages and photos

267.jpg 268Thumbnails266268Thumbnails266268Thumbnails266268Thumbnails266268Thumbnails266268Thumbnails266268Thumbnails266

The boat (28x37cm)

Author
Berni Stephanus
Albums
Visits
689

1 comment

  • admin - Wednesday 9 August 2017 11:55
    Suffering
    Je n’ai connu la souffrance de la maladie qu’à partir de mes 70 ans. Mon enfance a été protégée de la maladie à l’exception de quelques fièvres, surtout de celles que je provoquais par une sorte d’autosuggestion pour ne pas aller à l’école. La vue du tuberculeux qui crachait du sang dans la rue, les estropiés de la guerre ne me touchaient pas. Je vivais dans un monde imaginaire et protégé avant tout. Mes parents n’étaient jamais malades et ne se plaignaient que très rarement. Mes grands-parents étaient tous morts depuis longtemps, je n’avais donc pas vu leur déchéance. Cela ne m’a pas épargné certaines souffrances d’ordre psychique, mais je n’ai vu de cancéreux que très tard dans ma vie. C’est à l’hôpital où j’ai été opéré pour une tumeur au rein que j’ai véritablement vu de grands malades. Et lorsque, 5 années plus tard, je suis revenu dans le même service pour une nouvelle opération, j’ai compris ce qu’était la souffrance physique ET morale. De surcroît, je viens de passer une dizaine de jours auprès d’une personne atteinte d’un cancer assez avancé, qui subit une chimiothérapie aux effets douloureux, ravageurs à tous les niveaux, et passe de l’espoir au découragement, puis reprend espoir et ainsi de suite. J’ai exprimé cet état d’esprit en une série de collages assez sombres qui m’ont servi sans doute de soupape. Et c’est avec ce collage fait à mon retour que je résume en quelque sorte la situation : une barque à même le sol dans une grotte obscure avec une lueur au fond. Cette dernière pourrait signifier l’espoir ou l’issue fatale vers un ailleurs. Comment comprendre ce qui se passe dans les ténèbres de l’esprit du malade alors que je me trouve du côté de la lumière du jour ?

    I only experienced the suffering of a disease when I was 70 years old. My childhood was protected from the disease apart from a few fevers, especially those I caused by a kind of autosuggestion not to go to school. The sight of the tuberculous man who spat blood in the street, the cripples of war did not touch me. I lived in an imaginary world and protected above all. My parents were never sick and complained very rarely. My grandparents had all died long ago, so I had not seen their fall. That did not spare me some psychological suffering, but I did not see cancer until very late in my life. It was at the hospital where I was operated on for a tumor in the kidney that I really saw very sick people. And when, five years later, I returned to the same department for a new operation, I understood what physical AND moral suffering was. In addition, I have just spent about ten days with a person with advanced cancer, who undergoes painful chemotherapy, destructive at all levels, and passes from hope to discouragement, then regains hope and so on. I expressed this state of mind in a series of dark collages which doubtless served me as a valve. And it is with this collage done on my return that I summarize in a way the situation: a boat on the ground in a dark cave with a glimmer in the background. The latter could mean hope or a fatal outcome to another level. How can we understand what is happening in the darkness of the patient's mind when I am on the side of daylight?