Stephanus art gallery

Collages and photos

Home / User comments


  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:32
    Another collage that arose I do not know how. This animal which climbs on the steps while turning into a dog, it leaves its wild condition to seek human affection. Is it an anticipated dependency, a quest for affection, an aspiration towards a beyond? Around this beast a lacerated world: I saw a lot of images of Alaska, no doubt it is a reminiscence. And a few hours later, the penny has dropped: Goya's dog!

    Guido Ceronetti in A Handful of Appearances (1988) writes about Goya’s painting: ... Sand or water, volcano ashes, a dream void, in every expression of cosmic voracity, of the nameless abyss, where one is seized by the feet and pulled down, where one sinks endlessly, or who aspires and covers slowly, and draws from the throat the desperate invocation, the powerful cry of Psalm 130: De profundis clamavi ad te, Domine - that is where Goya placed his dog, ... the depths where we dwell.

    My collage does not seem so dramatic: the expression of the dog is optimistic, I would say that it wants to achieve something, that it sees an opportunity. I think also of the song of Iggy Pop: A machine for loving which illustrates well this desire to love and to be loved.

    Encore un collage qui a surgi je ne sais comment. Cette bête qui se hisse sur les marches tout en se transformant en chien quitte sa condition sauvage pour quérir l’humain. Est-ce une dépendance anticipée, une quête d’affection, une aspiration vers un au-delà ? Autour de cette bête, un monde lacéré : j’ai vu pas mal d’images de l’Alaska, sans doute est-ce là une réminiscence. Et quelques heures après, the penny has dropped : le chien de Goya !

    Voilà ce qu’en dit Guido Ceronetti dans Une poignée d’apparences (1988): … Sable ou eau, cendres de volcan, vide onirique, en chaque expression de la voracité cosmique, de l’abîme sans nom, où l’on est saisi par les pieds et tiré en bas, où l’on s’enfonce sans fin, ou qui aspire et recouvre lentement, et tire de la gorge l’invocation désespérée, le cri puissant du psaume 130: De profundis clamavi ad te, Domine – c’est là que Goya a placé son chien, … les profondeurs où nous habitons.

    Mon collage ne me semble pas si dramatique : l’expression du chien y est optimiste, je dirais qu’il veut réussir, qu’il en entrevoit la possibilité. Je pense aussi à la chanson d’Iggy Pop : A machine for loving qui illustre bien ce désir d’aimer et d’être aimé.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:30
    These days, my collages oscillate between very close views and landscapes seen from afar. The very close view makes it possible to crack the space of the image, to put the spectator nose to nose with it, a little like Glumdalclitch in Swift’s tale. This proximity is different from a cinematographic close-up, because here the image is manipulable by the viewer who can distance it or bring it closer to his eyes. To escape a mere trompe l'oeil, I introduce spatial inconsistencies in the image, such as the relationship between the face and the hands, absence of body or head etc. For me, it results in a hallucinatory effect, as when I had high fevers.

    In landscapes, I also play with the scale of objects and characters to energize space, but I see it more like a traditional "landscape". Thus, during "Stumbling" arose the association with the Angelus of Millet or Van Gogh’s Sower, probably because of the great dark personage who holds the stretcher, except that in my picture it is falling or getting rid of its burden. In "On Sand," I see two heads at the same time when I look absent-mindedly at the center of the composition. Here, I think rather of the hallucinations à la Dali and the last, decried, paintings of De Chirico that I had the chance to see in Turin chez friends of my adolescence. But these ties are tenuous. They are is not a starting point of the kind: "Today I will make a variation on the Sower ..." These ideas arise during the assembly work, without changing the content of it. They resonates rather like a sympathetic string that starts to vibrate and whose chord with my composition I like.

    Memories, things seen, are reactivated by composing images that have always been awakened dreams which do not resemble each other, with a few exceptions, and to find resonances in me. This may be the difference with my older collages where I was looking for an effect of surprise and fun as in a good gag. I no longer try to make myself smile, but to evoke, to make the image speak. This is what is happening in my photographic experiments. My shots often seemed pale compared to what I lived and felt, too mundane. I'm trying to bring them closer to my collage world and find the same sensations.

    Ces jours, mes collages oscillent entre des vues très proches et des paysages vus de loin. La vue de très près permet de faire craquer l’espace de l’image, de mettre le spectateur nez à nez avec elle, un peu comme Glumdalclitch dans le conte de Swift. Cette proximité est différente d’un gros plan cinématographique, car ici l’image est manipulable par le spectateur qui peut l’éloigner ou la rapprocher de ses yeux. Pour échapper au trompe-l’œil, j’introduis des incohérences spatiales dans l’image, comme le rapport entre le visage et les mains, l’absence de corps ou de tête etc. Pour moi, il en résulte un effet hallucinatoire, comme lorsque j’avais de fortes fièvres.

    Dans les paysages, je joue également avec l’échelle des objets et des personnages pour dynamiser l’espace, mais j’ai davantage l’impression d’un « paysage » traditionnel. Ainsi, pendant « Stumbling » a surgi l’association avec l’Angélus de Millet ou le Semeur de Van Gogh, sans doute à cause du grand personnage sombre qui tient la civière, sauf que chez moi, il est en train de se casser la figure ou de se débarrasser de son fardeau. Dans « On Sand », je vois deux têtes en même temps quand je regarde distraitement le personnage au centre de la composition. Ici, je pense plutôt aux hallucinations daliniennes et aux dernières toiles décriées de De Chirico que j’ai eu la chance de voir chez des amis turinois de mon adolescence. Mais ces liens sont ténus. Il ne s’agit pas d’un point de départ du genre : « Aujourd’hui je vais faire une variation sur le Semeur… » Cette idée arrive pendant le travail d’assemblage, sans changer la teneur de celui-ci. Elle résonne plutôt comme une corde sympathique qui se met à vibrer et dont l’accord avec ma composition me plaît.

    Souvenirs, choses vues, sont réactivés en composant des images qui sont depuis toujours des rêves éveillés dont le propre est de ne point se ressembler, à quelques exceptions près, de me surprendre chaque fois et de trouver des résonances en moi. C’est peut-être la différence avec mes collages plus anciens où j’étais à la recherche d’un effet de surprise et de d’amusement comme dans un bon gag. Je ne cherche plus à (me) faire sourire, mais à évoquer, à faire parler l’image. C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement dans mes expériences photographiques. Mes prises de vue m’ont souvent semblé pâles par rapport à ce que je vivais et sentais, trop banales. J’essaie actuellement de les rapprocher de mon univers de collage et à y trouver les mêmes sensations.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:27
    A collage showing a forest à la Botticelli, with a cruel scene as in Onofrio, except that here we are in the north full of weariness, as in the attitude of the giant on the right who seems to be part of the scenery. The two characters searching the ground make me think, now as I write about, of the 2 soldiers playing dice under the cross. Indeed, the mutilated body at the top of the tree recalls the crucifixion. I conclude that the giant occupies the place of the evangelist in tears, which had not appeared to me during the making of the image. I have the impression that the characters are isolated from each other in this desolation and that the search for a nugget of gold in the ground is very ridiculous in the face of the disaster. They only transform the soil into a field of waste, to rip it out for a derisory gain. It is by seeing the gold diggers in Alaska and Australia with their giant excavators ravaging the landscape in search of a few grams of the precious metal that I told myself that decidedly there was no longer a place on earth sheltered from the destructive cupidity of man. But perhaps the little green spot under the giant's hand promises a modest resurrection, a victory of life over the destructive frenzy of some men.

    Un collage montrant une forêt à la Botticelli, avec une scène cruelle comme dans Onofrio, sauf qu’ici on est dans le Nord plein de lassitude, comme dans l’attitude du géant à droite et qui semble désormais faire partie du décor. Les 2 personnages fouillant le sol me font penser, maintenant que j’écris, aux 2 soldats jouant aux dés sous la croix. En effet, le corps mutilé en haut de l’arbre rappelle la crucifixion. J’en conclus que le géant occupe la place de l’évangéliste en pleurs, ce qui ne m’était pas apparu pendant la confection de l’image. J’ai l’impression que les personnages sont isolés les uns des autres dans cette désolation et que la recherche d’une pépite d’or dans le sol est bien dérisoire face au désastre. Ils ne font que transformer le sol en champ de déchets, à l’éventrer pour un gain dérisoire. C’est en voyant les chercheurs d’or en Alaska et en Australie avec leurs excavatrices géantes qui ravagent le paysage à la recherche de quelques grammes du précieux métal que je me suis dit que décidément, il n’y avait plus un endroit sur terre à l’abri de la cupidité destructrice de l’homme. Mais peut-être que la petite tache verte sous la main du géant promet une résurrection modeste, une victoire de la vie sur la frénésie destructrice de certains hommes.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:26
    The magic of collage
    Last night, animating an evening on the theme of vulnerability, I began this collage thinking of an assault I suffered one night, many years ago, on a bridge in Geneva. I had been stabbed in the corner of my eye - fortunately without gravity, and pushed over the safety slide on the deserted roadway My collage showed a face, young, in tears and blood, with white hair. I said that I wanted to show that the aggressions suffered are impregnated in the memory and that the age did nothing there.

    In resuming the image today, I tried to link this episode to other "aggressions" suffered during the last 6 years, namely operations. Knife and scalpel merge in front of a suffering and anxious body.

    Of course, I do not find myself in this picture: it feeds on childish tears, the adult having learned throughout the years to conceal his fears, to banish them in a corner of his consciousness where the magic of collage has come to seek them for the need of expression.

    Hier soir, animant une soirée sur le thème de la vulnérabilité, j’ai commencé ce collage en pensant à une agression que j’ai subie une nuit, il y a bien des années, sur un pont de Genève. J’avais reçu un coup de couteau dans le coin de l’œil -sans gravité heureusement et basculé par-dessus la glissière de sécurité sur la chaussée déserte. Mon collage montrait un visage, jeune, en pleurs et en sang, avec des cheveux blancs. J’ai dit que je voulais montrer que les agressions subies s’imprègnent dans la mémoire et que l’âge n’y faisait rien.

    En reprenant l’image aujourd’hui, j’ai cherché à relier cet épisode à d’autres « agressions » subies au cours des 6 dernières années, à savoir des opérations. Couteau et scalpel fusionnent face à un corps souffrant et angoissé.

    Bien entendu, je ne me retrouve pas tel quel dans cette image : elle se nourrit des pleurs enfantines, l’adulte ayant appris au long des années à dissimuler ses craintes, à les bannir dans un coin de sa conscience où la magie du collage est venue les rechercher pour le besoin de l’expression.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:23
    I have few memories of my stay in the countryside between 1941-45, a few photos help me to go back in time. This collage alludes to it, but in a disguised way. I find myself in the little boy embarked for I don’t know where, building his ship that while going forward, seems to take water at the rear. Who is the old person who seems to sink into oblivion? Is it myself? The little boy advances, the old man steps back. And what about the chainsaw? Is it not the image of a sabotage of the boat or an attempt to escape to an uncertain future? It was necessary to leave the house and embark on adulthood, even if this navigation is on land and the movement seems impossible here. This image questions me more than it teaches me about myself. In making it, I did not want to give it a precise meaning. I let myself be guided by my intuition alone and the feeling of satisfaction obtained by seeing the pieces come together. In a more general way, this book on childhood and adolescence that I cut out for a few days made me make a return on myself, it constitutes a parenthesis in my creation, a sort of small notebook of intimacy: 6 pages that I will soon close.

    J’ai peu de souvenirs de mon séjour à la campagne entre 1941-45, quelques rares photos m’aident à remonter dans le temps. Ce collage y fait allusion, mais de manière déguisée. Je me retrouve dans le petit garçon embarqué pour je ne sais où, construisant son navire qui tout en allant de l’avant, semble prendre l’eau à l’arrière. Quelle est la vieille personne embarquée qui semble sombrer dans l’oubli ? Est-ce moi-même ? Le petit garçon avance, le vieillard recule. Et que vient y faire la tronçonneuse ? N’est-ce pas l’image d’un sabotage de l’embarcation ou d’une tentative de s’échapper vers un futur incertain ? Il a bien fallu quitter la maison et se lancer dans la vie adulte, même si cette navigation se fait sur la terre ferme et que le mouvement semble impossible ici. Cette image m’interroge davantage qu’elle ne m’éclaire sur moi-même. En la faisant, je n’ai pas voulu lui donner un sens précis. Je me suis laissé guider par mon intuition seule et le sentiment de satisfaction obtenu en voyant les pièces s’assembler. D’une manière plus générale, ce livre sur l’enfance et l’adolescence que je découpe depuis quelques jours m’a fait faire un retour sur moi-même, il constitue une parenthèse dans ma création, une sorte de petit cahier intime de 6 pages que je vais bientôt refermer.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:22
    I like to watch my compositions from afar to judge their effect. In the past, when I was still painting, I used a mirror that I held in my hand. What difference does it make? In this image, the details fade and the image becomes vaguer, like a landscape of the 19th century. It is by approaching me that I discover the details, often incongruous, which do not stick. See the change before your eyes! A zoom effect to the point that I imagined the central character, who is seen from the back, setting out to join the crowd or the horizon. For it is necessary to get out of there to reach more serene countries than this devastation that reminds me of my hometown in 1945. Things are done and dismantled before our eyes and I tell myself that I constitute a stable point in all this.
    An amusing aspect in this scene is the fragment of the Foot Washing painted by Tintoretto which fits so well into my composition. But far from myself any religious connotation, I took this piece only to pose a counterpoint to the devastation and to show the agitation of men. The comparison stops there, because it would be very pretentious to compare a work of more than 5m wide to a 42cm collage. I find, however, some analogies in the composition of space and in the setting. Except that with me, the beautiful order of Tintoretto has cracked and man has to fend for himself in a more chaotic world. The Renaissance ideal of a vanishing point towards an arc of triumph leads in my collage to an uncertain and dangerous destiny.

    Je me plais à regarder mes compositions de loin pour juger de leur effet. Dans le passé, quand je peignais encore, j’utilisais un miroir que je tenais à la main. Quelle différence cela fait-il ? Dans cette image, les détails s’estompent et l’image devient plus vague, comme un paysage du XIXe s. C’est en me rapprochant que je découvre les détails, souvent incongrus, qui ne collent pas. See the change before your eyes! Un effet de zoom au point que je me suis imaginé le personnage central, qui est vu de dos, se mettre en marche pour rejoindre la foule ou l’horizon. Car il faut bien sortir de là pour atteindre des contrées plus sereines que cette dévastation qui me rappelle ma ville natale en 1945. Les choses se font et se défont sous nos yeux et je me dis que je constitue un point stable dans tout cela. Un aspect amusant dans cette scène est le fragment du Lavement des pieds peint par le Tintoret qui s’intègre si bien dans ma composition. Mais loin de moi toute connotation religieuse, je n’ai pris ce morceau que pour poser un contrepoint à la dévastation et pour montrer l’agitation des hommes. La comparaison s’arrête là, car il serait bien prétentieux de comparer une œuvre de plus de 5m de large à un collage de 42cm. Je trouve cependant quelques analogies au niveau de la composition de l’espace et de la mise en scène. Sauf que chez moi, la belle ordonnance du Tintoret s’est lézardée et l’homme doit se débrouiller dans un monde plus chaotique. L’idéal renaissant d’un point de fuite vers un arc de triomphe dans mon collage mène vers une destinée incertaine et dangereuse.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:17
    A clearer view

    It is a collage which, in my opinion, goes a little further in my research. That's why it deserves a few lines.

    The right-hand part shows a famous war picture which I extracted from the famous Kriegsfibel (B.Brecht, 1955), which I found in the few books collected from my brother, and which I combined with a panorama of the Himalayas. Wanting to glue the left side (a mountain), I turned it over and immediately saw that this one was much more interesting by its tormented, stony character. The result was relatively easy: the ascent of the left part echoes the bodies fallen to the right. The gigantism of the character who scrutinizes me with the characters melting into chaos and so on. Why this character who raises his sunglasses? Initially, the figure was seen from behind. It is a contradictory movement that I often use. Is it to express the lack of coherence of our actions, the head pretending to govern the body that does as it pleases? The result seems to me to be the inability to really advance. As for the "chaos" that reigns in the mountains, it sends me back, now, after the creation of this image, to the earthquakes that have raged in this region. Preparing my participation in a collective exhibition at Listrik, Montreux, on the theme of the world today, I once again ask myself the question of the subject in art, knowing how little influence a work of art can exert on people. As I explained earlier, the choice to devote myself to collage was determined by the desire to "stick" to reality while pursuing the quest for art. But I'm not an activist-propagandist, because it would mean a simplification of the message. They are rather dream images with a few keys for those who want to spend more than the few seconds usually devoted to images on the internet. It is therefore an invitation to open your eyes, to look better (back?) And to think - to stop to try to see better.

    C’est un collage qui, à mon avis, va un peu plus loin dans mes recherches. C’est pourquoi il mérite quelques lignes.

    La partie de droite montre une célèbre photo de guerre que j’ai extraite du fameux Kriegsfibel (B.Brecht, 1955), que j’ai trouvé dans les quelques livres récupérés chez mon frère, et que j’ai combiné avec un panorama de l’Himalaya. En voulant coller la partie gauche (une montagne), je l’ai retournée et j’ai immédiatement vu que celle-ci était bien plus intéressante par son caractère tourmenté, pierreux. La suite a été relativement facile : l’ascension de la partie gauche fait écho aux corps tombés à droite. Le gigantisme du personnage qui me scrute avec les personnages se fondant dans le chaos etc. Pourquoi ce personnage qui soulève ses lunettes de soleil ? Initialement, le personnage était vu de dos. C’est un mouvement contradictoire que j’utilise souvent. Est-ce pour exprimer le manque de cohérence de nos actes, la tête prétendant gouverner le corps qui n’en fait qu’à sa guise ? Le résultat me semble être l’incapacité de vraiment avancer. Quant au « chaos » qui règne dans la montagne, il me renvoie, maintenant, après la création de cette image, aux tremblements de terre qui ont sévi dans cette région. Préparant ma participation à une exposition collective à Listrik, Montreux, sur le thème du monde actuel, je me pose encore une fois la question du sujet dans l’art, sachant le peu d’influence qu’une œuvre d’art peut exercer sur les gens. Comme je l’ai déjà expliqué plus tôt, le choix de me consacrer au collage a été déterminé par le désir de « coller » à la réalité » tout en poursuivant la quête de l’art. Mais je ne suis pas un activiste-propagandiste, car cela signifierait une simplification du message. Il s’agit plutôt d’images oniriques comportant quelques clés pour celui qui veut bien y passer davantage que les quelques secondes habituellement consacrées aux images sur internet. Il s’agit donc d’une invitation à ouvrir les yeux, à mieux regarder (en arrière ?) et à réfléchir – à faire halte pour essayer de mieux voir.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:15
    08:03:00 am, by admin , 626 words
    Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology
    A motionless travel - Un voyage immobile
    Sylvain Tesson a dit ce vendredi matin à la radio que l’écriture permettait de résoudre le conflit entre l’immobilité et l’évasion. Il est vrai que je passe beaucoup de mon temps devant ma table de travail, dans 14m2 à Genève, à faire mon collage quotidien. C’est un choix de rester collé à ma table au lieu de parcourir la planète. Mais quelle ouverture, quel mouvement dans les espaces imaginaires qui s’ouvrent dans mes images ! Le collage me donne tout ici et mieux que la réalité. C’est mon cinéma intérieur. Mais le projecteur ne s’allume que quand j’ai une page de magazine sous mes yeux, quand je commence à manipuler l’image (c’est d’ailleurs la même chose avec la photo : grâce à sa modification, elle m’invite à l’évasion). La fabrication du collage demande à peu près la même durée que le visionnage d’un film – c’est probablement la durée idéale pour une plongée dans le rêve éveillé. Mais contrairement au film que je me borne à consommer, je suis à la fois spectateur et concepteur de mon collage. Je comprends mieux la variété de mes sujets qui dépendent, bien entendu, de ce que je trouve comme photos, mais qui pourraient être classés sous des genres cinématographiques comme le reportage, la comédie sentimentale, le thriller, le drame etc. Je pourrais me comparer à un metteur en scène de clips, muets et immobiles, qui traitent de toutes sortes de sujets. Je comprends alors la place incertaine de mes collages dans l’art de mon temps qui se veut plus savant, plus intellectuel. Je ne cherche pas le concept, je veux m’évader ! Je ne fais pas d’analyse savante sur ma place dans l’histoire de l’art, je m’en moque. Je fais mes images essentiellement pour ma propre jouissance, voilà tout. Et tant mieux si quelqu’un éprouve du plaisir en les découvrant, ou même, éventuellement, y décèle les fils qui composent le canevas et se retisse sa propre toile.

    Sylvain Tesson said Friday morning on the radio that writing solves the conflict between immobility and escape. It is true that I spend a lot of my time in front of my desk, in 14m2 in Geneva, to do my daily collage. It's a choice to stay glued to my table instead of traveling the planet. But what an opening, what movement in the imaginary spaces that open up in my images! Collage gives me everything here and better than reality. It's my inner cinema. But the projector only turns on when I have a magazine page under my eyes, when I start manipulating the image (it is the same with photography: thanks to its modification, it invites to escape). Gluing requires about the same amount of time as a movie - this is probably the ideal time for a dive into the awakened dream. But unlike the film that I merely consummate, I am at the same time spectator and designer of my collage. I can understand the variety of my subjects that depend, of course, on what photos I can hold of, but they could be classified under cinematographic genres like reporting, sentimental comedy, thriller, drama etc. I could compare myself to a director of silent and immobile clips that deal with all sorts of subjects. I then understand the uncertain place of my collages in the art of my time which is more academic, more intellectual. I do not seek the concept, I want to escape! I do not make a scholarly analysis of my place in the history of art, I do not care. I make my pictures essentially for my own enjoyment, that's all. And so much the better if someone has fun discovering them, or even, eventually, there uncovers the threads that make up the canvas and weaves his own canvas.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:10
    Encore une image venue par hasard. C’est en travaillant sur une figure debout que j’ai voulu changer complètement de direction en retournant le collage. C’est alors que la publicité pour une montre que j’avais sous la main m’a fait immédiatement penser à Masaccio et aux représentations du Christ en majesté dans la peinture florentine. Mais en même temps, j’ai pensé à l’Ecce homo. L’or renvoie aux icônes, d’où le titre Icon. Mais il est évident que cette image religieuse qui rappelle les Christ en majesté, montre des atteintes au plan physique, dues au temps qui passe et qui anéantit tout, mais figurées aussi par cette main qui agresse et qui veut atteindre le cœur du personnage qui a peur. Je ne peux m’empêcher de penser au sort des Chrétiens d’Orient et à leurs églises détruites ou tout simplement aux personnes qui sont victimes de persécutions. L’ordre harmonieux et parfait figuré par les cercles se fracture, car il n’est qu’idéal et ne saurait durer dans la réalité. D’ailleurs, on pourrait imaginer que le bas représente une paroi de catafalque et que le corps n’est qu’une apparition, un peu comme les corps des saints que l’on expose dans les églises catholiques. Et quand je vois l’image dans la pénombre à quelques mètres de distance, elle change du tout au tout, devenant une sorte de relief abstrait !

    Je suis très surpris par cette image venue de nulle part et par sa présence obsédante, tragique – j’ai l’impression de n’avoir été que l’exécutant d’un projet qui s’est révélé en collant !


    Another image came by chance. It was while working on a standing figure that I wanted to change direction by turning over the collage. It was then that the advertisement for a watch I had at hand made me immediately think of Masaccio and the depictions of Christ in majesty in Florentine painting. But at the same time, I thought about the Ecce homo. Gold refers to the icons, hence the title Icon. But it is evident that this religious image, reminiscent of Christ in majesty, shows physical impairments, due to the passing of time which annihilates everything, but also represented by this hand that attacks and wants to reach the heart of the character who shows fear. I cannot help but think of the fate of the Christians of the Middle East and their destroyed churches or just the people who are the victims of persecution. The harmonious and perfect order represented by the circles breaks, for it is only ideal and cannot last in reality. Besides, one could imagine that the bottom represents a wall of a catafalque and that the body is only an apparition, much like the bodies of the saints exposed in the catholic churches. When I see the image in the darkness, a few meters away it completely changes, becoming a kind of abstract relief!

    What is even more troubling is that the image when I see it in dim light, a few meters away changes completely, becoming a kind of abstract relief!

    I am very surprised by this image coming from nowhere and by its haunting, tragic presence - I feel like I was only the performer of a project that turned out while I was gluing
  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:07
    The prophet

    These days, my collages are transformed from top to bottom during their elaboration. The general idea is not there at the beginning, it comes only much later, in the process of my work. But, it's the result that counts and nothing else.

    What is obvious in the present collage is the relationship between the two standing figures and their position in relation to the other figures. I wanted to highlight here a compassionate element, charity, compared to a cynic who laughs at these efforts to relieve misery. But I also had in mind the ancient prophets whose speech was not always heard. What is the use of exhortations to more humanity – I think for example of the book published by my friend editor Markus Haller: The White Man' Burden - if they are not heard or applied wrongly? I am thinking of some politicians - here or on the other side of the Atlantic - whose clown dress would fit them very well, but that would bring me too close to caricature, and I do not want to become an entertainer on every day and event. The bridge, which rests on a weak pillar, tries precisely to represent a passage between the harsh reality and the generous utopia.

    Ces temps, mes collages se métamorphosent de fond en comble pendant leur élaboration. L’idée générale n’est pas là au départ, elle ne vient que bien plus tard, au fil de mon travail. Mais, c’est le résultat qui compte et rien d’autre.

    Ce qui saute aux yeux dans le présent collage, c’est la relation entre les deux personnages debout et leur position par rapport aux autres figures. J’ai voulu ici mettre en lumière un élément compassionnel, de charité, par rapport à un cynique qui se rit de ces efforts pour soulager la misère. Mais j’ai également eu en tête les prophètes anciens dont la parole n’a pas été toujours entendue. A quoi servent les exhortations à plus d’humanité - je pense par exemple au livre paru chez mon ami éditeur Markus Haller : Le fardeau de l’homme blanc - si elles ne sont pas entendues ou appliquées à tort et à travers ? Je pense aussi à certains hommes politiques – ici ou de l’autre côté de l’Atlantique - à qui l’habit de clown irait à merveille, mais cela me rapprocherait trop de la caricature, et je ne tiens pas à devenir un amuseur au fil des jours et des événements. Le pont, qui repose sur un pilier peu solide, tente justement de figurer un passage entre la dure réalité et l’utopie généreuse.