Stephanus art gallery

Collages and photos

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  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:27
    I worked hard on this collage, even if it is done in one session. I needed time to find a "story" and consistency (I always want to create a united picture, despite the disparate elements) . What I quickly found is the woman at the right side, even though I changed it a little later. I thought of peace that emanates from this bucolic part and I remember now the simplicity of my nanny, even if she was of much stronger constitution. It was she who took care of me and my brother during a long time, until she retired. To the left is the tumult of helmeted policemen, Ukrainians, I think. Before, rising from the landscape, the blue grinning devil points his finger at the viewer. He holds a sheaf of grain (?): This can only be myself, the sheaf, is my heap of collages, my laughter is the cartoonist who I am and the pointed finger is supposed to challenge the viewer. The background characters introduce themselves impulsively in my pictures; this is the world in its more or less agitated course. I do not have the wisdom or the resignation of the old woman who recedes to the background because she has stopped trying to influence the world. It is my ultimate future, but in the meantime I do not want to fall into sentimentality, repetition, copying myself, but continue to surprise me with dreamlike images.

    (for a bigger picture, click here)



    J’ai travaillé intensément ce collage, même s’il s’est fait en une seule séance. J’ai mis du temps à trouver une « histoire », une cohérence (j’ai toujours le souci de créer une unité, malgré les éléments disparates). Ce que j’ai assez vite trouvé, c’est la femme à droite, même si je l’ai changé un peu par la suite. J’ai pensé à la tranquillité, la paix qui émane de cette partie bucolique et je pense en ce moment à la simplicité de ma nounou, même si celle-ci était de constitution nettement plus forte. C’est elle qui s’est occupé de mon frère et moi longtemps, jusqu’à ce qu’elle prenne sa retraite. A gauche, c’est le tumulte : des policiers casqués ukrainiens, je crois. Devant, surgissant du paysage, ce diable bleu ricanant qui pointe son doigt sur le spectateur. Il tient une gerbe de céréales ( ?) : ce ne peut qu’être moi-même, la gerbe, ce sont mes collages, mon rire est celui du caricaturiste que je suis et le doigt pointé est censé interpeller le spectateur. Les personnages du fond s’introduisent de manière impulsive dans mes images, c’est le monde dans son cours plus ou moins agité. Je n’ai pas encore la sagesse ou la résignation de la vieille femme qui recule vers le fond, car elle a cessé de vouloir agir sur le monde. C’est mon avenir ultime, mais en attendant, je ne veux pas tomber dans la mièvrerie, la répétition, la copie de moi-même, mais continuer à me surprendre par des images oniriques.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:25
    The original image featured a magician and a little boy on a stage surrounded by a red curtain. I was attracted by the pale and very small child on the front of the stage. Part of a Greenland mummy transforms the boy. The magician becomes a kind of hunter, but I have highlighted the dangerous side with a coat of hunter / soldier . Then I put a piece of a child's face on the head of the mummy so it comes back to life. The boy looks stunned and amazed. Unhappy with the decor which reminds me the compositions of Magritte, I opt for a radical transformation by pasting the image of a silhouette that seems to go into space in a mountain setting .

    Following a comment from my friend M., I link to my own story. The little boy is a little me arriving in Switzerland in 1947, crossing alone the customs in Basel with my suitcase. Customs opened it on the train platform even among the crowd and out of my stuff takes out a windup tin clown, which starts walking on the platform among the travelers. Behind me, very far, is Germany and further there my parents and my brother which are not of the journey. Anyway, they do not have the right to leave the British occupation zone. Without doubt I experienced a kind of vertigo that time! Somebody is waiting for me on the other side, but I do not know who it is. And years later, when I had settled down in Switzerland I have seen so many immigrants with their suitcases on the train platform in Geneva and I resented this always quite strongly.

    Le rideau rouge.

    L’image de départ figurait un magicien et un petit garçon sur une scène bordée d’un rideau rouge. J’ai été attiré par cet enfant pâlichon et bien petit sur le devant de la scène. Une partie d’une momie groenlandaise transforme le petit garçon. Le magicien devient une sorte de chasseur, mais j’ai accentué le côté dangereux par un habit de chasseur/militaire. Puis j’ai mis un bout de visage d’enfant sur la tête de momie de sorte à la faire revenir à la vie. Le garçon semble ahuri ou émerveillé. Peu satisfait du décor qui me rappelle trop les compositions de Magritte, j’opte pour une transformation radicale en y collant l’image d’une silhouette qui semble aller dans le vide dans un décor de montagne.



    Suite à un commentaire de mon ami M., je fais le lien avec ma propre histoire. Le petit garçon, c’est un peu moi arrivant en Suisse en 1947, traversant la douane à Bâle avec ma valise tout seul. Le douanier ouvre celle-ci sur le quai de gare même parmi la foule et sort mes affaires dont un jouet à ressort, un clown qui, remonté, se met à marcher sur le quai parmi les voyageurs. Derrière moi, très loin, se trouve l’Allemagne et encore plus loin il y a mes parents et mon frère qui ne sont pas du voyage. De toute façon, ils n’ont pas le droit de quitter la zone d’occupation britannique. Sans doute ai-je été saisi d’une sorte de vertige à ce moment-là ! Je suis attendu de l’autre côté de la frontière, mais je ne sais pas par qui. Et plus tard, quand j’ai habité la Suisse définitivement, j’ai vu tant d’immigrés avec leurs valises sur le quai de la gare de Genève et je ressentais ce spectacle toujours assez fortement.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:24
    Evasion
    I want to talk about a collage that eludes my immediate understanding. If I was a bad pun, I would call it “kick butt " , referring to the cross wielded by the man. The departure of the collage is the plump ass of Serena Williams. It is so round and plump that I have censored it with a pair of scissors, which made them more natural. The picture of her waiting for the adverse service made me imagine her falling. Yes, but the cause of this fall? Fortunately, there was this masked player which I also reduced by a even bolder snip, rendering him alike to the disabled Olvidados of Buñuel. I wanted it to boot this big behind, but the baseball bat (gravelly words game in French) seemed too sporty. I preferred the crucifix as a weapon, thinking about what is happening in Bamako.

    So if now I presume that the dreamer is embodied in all the characters of the dream , according to Freud , what is my part in these characters?

    For the sadistic batter, it seems relatively easy, people can testify , I guess. What intrigues me is that the male body seems incomplete. It is only violence of arms, torso, but the lower body is missing or hidden, unless it merges with the woman.

    The latter seems to crash on the tarmac with a huge smile; as if it was just a game. Its powerlessness - despite its equally powerful body - is obvious, because it lacks arms. And both are on a platform with rolling wheels. Where to?

    Is this a religious painting, as Caravaggio’s Conversion of Paul? This would be the key moment of this moment, with the white ball suspended in the air would figure the Spirit?

    Hm, I drift , I’m rambling, the collage remains obscure and rejects any interpretation, no childhood memory comes to enlighten me , I've never been beaten by adults - with the exception of religious Protestant Dutch women who made of me their scapegoat . Ah! The mystery of the stick seems to me less mysterious! But it remains curious that the persecutor is male in this picture, it does not definitely fit into the picture.

    I give up, the work constantly eludes me, and I, its so-called author, once again am experiencing the feeling of being a sheer medium and that the true author continues to draw his threads without deigning to appear in the light or tell me what he has in mind.

    La dérobade

    J’ai envie de parler d’un collage qui se dérobe à ma compréhension immédiate. Si je faisais un mauvais jeu de mot, je l’appellerais « Coup de crosse », en faisant allusion à la croix brandie par l’homme. Le collage est parti des fesses rebondies de Serena Williams. Elles sont si rondes et rebondies que je les ai censurées d’un coup de ciseaux, ce qui les a rendues plus naturelles. La photo de son attente du service de l’adversaire m’e l’a fait imaginer tombant. Oui, mais la cause de cette chute ? Heureusement qu’il y avait ce joueur masqué que j’ai également réduit d’un coup de ciseaux encore plus hardi, le rendant semblable au handicapé des Olvidados de Buñuel. J’ai voulu qu’il botte ce gros derrière, mais la batte de baseball (jeu de mots graveleux en français) me semblait trop sportive. J’ai préféré le crucifix comme arme, pensant à ce qui se passe en à Bamako.

    Si maintenant je présume que le rêveur se trouve incarné dans tous les personnages du rêve, selon Freud, quelle est ma part dans ces personnages ?

    Pour le sadique, cela semble relativement facile, des gens pourront en témoigner, je suppose. Ce qui m’intrigue, c’est que le corps masculin semble incomplet. Il n’est que violence des bras, du torse, mais le bas du corps manque ou est masqué, à moins qu’il ne se confonde avec celui de la femme.

    Cette dernière semble s’écraser sur le macadam avec un immense sourire, comme si ce n’était qu’un jeu. Son impuissance - malgré son corps également puissant - est manifeste, car elle manque de bras. Et tous les deux se trouvent sur une plateforme à roues qui avance.

    Est-ce un tableau religieux, comme la conversion de Paul du Caravage? Ce serait alors le moment-clef de ce moment, où la boule blanche suspendue en l’air figurerait l’esprit ?

    Je dérive, je délire, le collage reste obscur et refuse toute interprétation, aucun souvenir d’enfance ne vient éclairer ma lanterne, je n’ai jamais été battu par des adultes – à l’exception de religieuses protestantes hollandaises qui avaient fait de moi leur souffre-douleur. Ah ! Le mystère de la crosse me semble tout d’un coup moins mystérieux! Mais il demeure curieux que le persécuteur soit masculin dans cette image, cela ne colle décidément pas.



    J’abandonne, l’œuvre se dérobe sans cesse et moi, son soi-disant auteur, éprouve encore une fois le sentiment de n’être qu’un médium et que le vrai auteur continue à tirer ses fils sans daigner apparaître dans la lumière ni m’informer de ce qu’il a en tête.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:22
    These days, I struggled with inspiration. No doubt this is due to my enrollment in a fb group dedicated to collage. What I see there is primarily the illustrative side of collage and this aspect is approved mainly, at the expense of a more demanding approach.

    This undoubtedly triggered a mini- crisis of inspiration in me . This collage attempts to overcome this problem by drawing inspiration from both a digital montage seen on the net and the "return" to the Cubist collages, playing with fragments of space, without falling into a mosaic or a simple juxtaposition of plans. I'm looking for interpenetration, a space that pulses! Moreover, it started in a very illustrative, figurative manner , with houses tumbling in all directions , as in the Apocalypse of Angers or in a Beatus . I then decided to introduce truly heterogeneous elements in shape while nevertheless preserving the unity of form and content.

    As for the meaning of this collage, it calls for a open to the world studio, and not as a closed and isolated space, like a monk's cell behind high walls: here the world is crashing in the creative space and disrupts everything. Planes disappear, dictators gesticulate, crowds throng, there are ads, the painting breaks up, only blond amber remains serene in its cup ! I identify with this liquid that is protected by a thin membrane. And the disorder of the world ends here.

    Désordres

    Ces derniers jours, j’ai lutté avec l’inspiration. Sans doute est-ce dû à mon inscription dans un groupe fb consacré au collage. Ce que j’y vois, c’est avant tout le côté illustratif du collage et que c’est cet aspect qui est approuvé majoritairement, au détriment d’une approche plus exigeante.

    Cela a sans doute déclenché une mini-crise d’inspiration chez moi. Mon collage tente de dépasser ce problème en m’inspirant à la fois d’un montage digital vu sur le net et le « retour » vers les papiers collés cubistes, pour des jeux avec des fragments d’espace, sans tomber dans une mosaïque ou une simple juxtaposition de plans. Je recherche une interpénétration, un espace qui pulse ! D’ailleurs, il est parti d’abord d’une manière très figurative, illustrative, avec des maisons allant dans tous les sens, comme dans l’Apocalypse d’Angers (http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a5/La_chute_de_Babylone.jpg) ou dans les Beatus. J’ai ensuite décidé d’y introduire des éléments vraiment hétérogènes au niveau de la forme tout en préservant malgré cela l’unité de forme et de contenu.



    Quant au sens de ce collage, il plaide pour un atelier ouvert sur le monde, et non pas vu comme un espace clos et isolé, à la manière d’une cellule de moine derrière de hauts murs : ici le monde entre avec fracas dans l’espace créatif et bouleverse tout. Des avions disparaissent, des dictateurs gesticulent, des foules se pressent, il y a de la pub, le tableau se brise, seule l’ambre blonde reste sereine dans son calice ! Je m’identifie avec ce liquide qui est protégé par une fine membrane. Et le désordre du monde s’arrête là.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:21
    Chinese posters of the 80ies, in a book oft T. editions: I started to cmodify some of them this summer, and I had given up . By taking up now , I feel a sort of jubilation. Why:

    - I immerse myself in the language of propaganda - which is the same in Nazism or Communism : stereotypes , a heroic figures , kitsch (flowers, well-nourished infants at the time of the worst famine , halos, frontalism , “ “sweet” colors…) .

    - I criticize this language by modifying these posters, returning to the origin of dada collage .

    - I venture to a clearer message with figurative elements.



    I enjoy a lot in fact and ideas come quickly. In my collages, I sometimes struggle to find a satisfactory composition and this is sometimes a long grueling fight with the picture. Here, associations, ideas and shapes, come almost instantly and easily, as if I was surfing on a beautiful wave. And I do several collages per day . It reminds me of children's books from which I have extracted some pages to make collages a few years ago . Same sense of kitsch, but the huge lie has reached an absolute maximum in Chinese paintings! It's as if the cult of blond man finds here an Asian equivalent or if you will, the French Sulpician art . Understandably, Chinese artists have felt the need to experiment in contemporary art, though I sometimes think it has led them to be too much to be à la page, as they had obeyed to very strict canons. For me, obedience in art is harmful to art. Byzantine art is often beautiful, but as its laws are immutable and as the secrets of the ancient icon painters are probably lost, what we see today as " icon " is a very distant memory of the origins. In our time, the old rules are dead, each artist has the opportunity to create a menu in its own way, like a chef who makes his fusion cuisine. So it diverts me as much as busting ads, but current ads have become wiser, they do not dare express strong "values" as the Chinese painters . In my school (Waldorf School), there was also a bit of that , if I think : those rounded , harmonious shapes , not too violent colors , so smooth . Me, I always liked German Expressionism, although I try to be less edgy on the entire composition, so as not to break the picture. But I’d rather not do kitsch!

    Les posters chinois des années 80, pris dans un livre des éditions T., j’avais commencé à les modifier cet été, puis j’avais abandonné. En les reprenant maintenant, j’éprouve une sorte de jubilation. Pourquoi :

    - Je me plonge dans le langage de la propagande – qui est le même dans le nazisme ou le communisme: stéréotypes, héroisation des rôles, kitsch (fleurs, petits enfants bien nourris à l’époque de la pire famine, halos), frontalité, couleurs « agréables)…

    - Je critique ce langage en le détournant, revenant à l’origine dada du collage.

    - Je m’aventure vers un message plus clair, avec des éléments figuratifs.





    Je m’amuse beaucoup en fait et les idées viennent rapidement. Dans mes collages, je peine parfois à trouver une composition satisfaisante et c’est une quelquefois une longue bagarre épuisante avec le collage. Ici, les associations, d’idées et de formes, viennent quasi instantanément et aisément, comme si je surfais sur une belle vague. Du coup j’en fais plusieurs par jour. Cela me rappelle les livres d’enfants dont j’ai extrait quelques pages pour en faire des collages il y a quelques années. Même sentiment de kitsch, de mensonge énorme mais dans les peintures chinoises on atteint un maximum absolu ! C’est un peu le culte de l’homme blond qui trouve ici son pendant asiatique ou si on veut, l’art saint-sulpicien. On comprend aisément que les artistes chinois aient éprouvé le besoin d’expérimenter dans l’art contemporain, même si je pense parfois que cela les a conduits à être trop à la page à force d’obéir à des canons aussi stricts. Pour moi, l’obéissance en art est néfaste pour l’art. L’art byzantin est souvent beau, mais comme ses canons sont immuables et que les secrets des anciens peintres d’icônes sont sans doute perdu, ce que nous voyons aujourd’hui comme « icône » n’est qu’un très lointain souvenir des origines. A notre époque, les règles anciennes sont mortes, chaque artiste a le loisir de se composer un menu à sa façon, à la manière d’un chef qui fait sa cuisine de fusion. Donc cela m’inspire autant que de détourner une publicité, mais les publicités actuelles sont devenues plus sages, elles n’osent pas affirmer des « valeurs » comme les peintres chinois. Dans mon école, il y avait aussi un peu de cela, si j’y pense : que des formes arrondies, harmonieuses, des couleurs pas trop violents, pas de heurts etc. Moi, j’ai toujours aimé l’expressionnisme allemand, même si j’essaie d’être moins heurté sur l’ensemble de la composition, afin de ne pas casser le tableau. Mais au grand jamais je ne voudrais faire du kitsch !
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:20
    Reading the book of Sabine Bode : The lost generation on the childhood trauma suffered by Germans born in the 30-40ies during the war , I started thinking about my own memories. I found that they were relatively scarce, some bits at best. Historical facts inform me more, even though I found no trace of the activity of my father in Eldagsen village near Hannover . Still, only 10 days after my birth, part of the city of Hannover has undergone a major bombardment, followed by others . But it is in the village of Eldagsen that I lived most of the war. Apart from a few attacks of British fighter planes flying very low , a night bombing and a rush in a cellar , I do not remember having seen horrors . After the war, Hannover was devastated and full of unusual scenes; I remember TB sick people spitting blood in the streets, war invalids, ruins, queues in front of stores, the course in daily tram stuck among adults (1947) with the fear of never being able to come out ... But compared to what other German children suffered at the same time, I am lucky without apparent sequels in my adult life. This collage is intended as an illustration of abandonment endured by so many children. It is a cry that one begins to hear in Germany only now, as people of my generation are starting to talk about after many years of voluntary or imposed silence. The female character is a synthetic portrait of my Dutch, Protestant religious torturer (1946-1947) in the sanatorium for supposedly TB children. So in my case, I did not develop panic attacks for no apparent reason, I could lead a "normal" life. But no doubt that this violent experience from my childhood is the reactor which feeds my images.





    En lisant le livre de Sabine Bode : Die vergessene Generation sur les traumatismes subis par les Allemands nés dans les années 30-40, je me suis mis à réfléchir à mes propres souvenirs. J’ai constaté qu’ils étaient relativement maigres, quelques bribes au mieux. Les faits historiques me renseignent davantage, même si je n’ai trouvé aucune trace de l’activité de mon père au village d’Eldagsen, près de Hanovre. Toujours est-il que 10 jours après ma naissance, une partie de la ville a subi un gros bombardement, suivi par quelques autres. Mais c’est au village d’Eldagsen que j’ai vécu le gros de la guerre. A part quelques attaques d’avions de chasse anglais qui volaient extrêmement bas, un bombardement nocturne et une ruée dans une cave, je ne me souviens pas d’avoir vu des horreurs. Après la guerre, la ville deHanovre était dévasté et pleine de scènes insolites ; je me souviens de tuberculeux crachant du sang dans la rue, des invalides de guerre, des ruines, des queues devant les magasins, du parcours en tram quotidien coincé parmi les adultes(1947) avec la crainte de ne jamais pouvoir en ressortir… Mais par rapport à ce que d’autres enfants allemands ont subi à la même époque, je m’en suis bien tiré, sans séquelles apparentes dans ma vie d’adulte. C’est ainsi que ce collage se veut une illustration de l’abandon qu’ont subi tant d’enfants alors. C’est un cri qu’on commence à entendre seulement maintenant en Allemagne, car les gens de ma génération commencent à en parler après des années de silence volontaire ou imposé. Le personnage féminin est un portrait synthétique de ma tortionnaire hollandaise, religieuse protestante (1946-47) dans le sanatorium pour enfants soi-disant tuberculeux. Je n’ai donc pas développé des crises de panique sans raison apparente, j’ai pu mener un vie « normale ». Mais sans doute que cette expérience violente de mon enfance est le réacteur qui alimente mes images.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:18
    This collage started from the desire to overthrow the landscape. The idea came to me quickly, and then the rest followed quite easily with some minor adjustments (the characters to the left or right side, the landscape at the top left or not?). But I knew immediately that this collage was successful.

    It is only after having done it that I measured what I had done. Here, no memory or fantasy, but a reflection on the vanity of human actions. I think of all the discussions and reports on the climate where man is referred to as quasi single actor, while I find man very small - even in the multitude - against the forces of nature and in relation to the universe. But I also see that the characters turn away from a fertile landscape and pick on a rock, even if the light gap might suggest a way out.

    Question: Am I becoming a symbolist , an illustrator or a nostalgic (Gustave Doré painted pictures that I feel close to my collage, I still remember seeing very large paintings with very interesting light effects ) ? Answer: Whatever. The image is successful or not. That's all. And I'm glad I could do it. Because by making one or several collages daily, I rely on inspiration, I cannot plan, I improvise depending on what I find . The result is random. And I love it.

    Ce collage est parti du désir de renverser le paysage. L’idée m’est venue rapidement, puis le reste a suivi tout seul à force de quelques ajustements (les personnages à gauche ou à droite, le bout de paysage en haut à gauche oui ou non ?). Mais j’ai su tout de suite que ce collage était réussi.

    Ce n’est qu’après l’avoir fait que j’ai mesuré ce que j’avais fait. Ici, point de souvenir ni de fantasme, mais une réflexion sur la vanité des actions humaines. Je pense à toutes les discussions et rapports sur le climat où l’homme est désigné comme quasi seul acteur, alors que je le trouve bien petit – même dans la multitude – face aux forces de la nature et par rapport à l’univers. Mais j’y vois aussi que les personnages se détournent d’un paysage fertile et s’acharnent sur un rocher, même si la trouée lumineuse pourrait suggérer une issue.



    Question : Suis-je devenu symboliste, illustrateur, nostalgique (Gustave Doré a peint des tableaux que je sens proches de mon collage, je me rappelle encore d’avoir vu des tableaux très grands avec des effets de lumière très intéressants) ? Réponse : Peu importe. L’image est réussie ou pas. Voilà tout. Et je suis content d’avoir pu la faire. Car en faisant un à plusieurs collages par jour, je dépends de l’inspiration, je ne peux rien planifier, j’improvise selon ce que je trouve. Le résultat est aléatoire. Et j’aime ça.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:16
    By placing the face of the woman in the flames, I immediately thought of a person, that destroyed herself by alcoholism until death. I wore this drama since then, tending to relegate it in a dark corner of my memory. But apparently, this experience continues to live its life, but muted. In any case, this is the first time I believe that this issue is crystallized in a collage with this clarity. And yet, and as always, I had thought about nothing in particular, especially not that old painful story . But the trigger was the analogy with a painting of Eric Winarto a few years ago displaying a burning house and he told me that the painting was about a drama, if I remember well. This shows that the time of memory is slow; it ruminates in its own way important memories and they don’t rise to the surface of conscience. My daily collage work offers arguably the pits from where images may arise and speak poetically . And that without my dreams being affected! Certainly, collage is a true and unique projection screen!



    En plaçant le visage de la femme dans les flammes, j’ai tout de suite pensé à une personne qui s’est détruite par son alcoolisme jusque la mort. J’ai porté ce drame depuis ce temps, ayant tendance à le reléguer de plus en plus dans un coin obscur de ma mémoire. Mais apparemment, ce vécu continue à vivre sa vie, en sourdine. En tout cas, c’est une des premières fois, je crois, que ce thème se cristallise dans un collage avec cette netteté. Et pourtant, et comme à chaque fois, je n’avais pensé à rien de particulier, surtout pas à cette vieille histoire douloureuse. Mais le déclencheur a été l’analogie avec un tableau d’Eric Winarto d’il y a quelques années figurant une maison en flammes et dont il m’avait dit que cela concernait un drame, je crois du moins. Cela montre que le temps de la mémoire est lent, qu’elle rumine à sa façon les souvenirs importants sans que cela remonte à la surface. Mon travail quotidien sur le collage offre sans doute des puits par où des images peuvent surgir et s’exprimer de manière poétique. Et cela sans que mes rêves en soient affectés ! Décidément, le collage est un vrai et unique écran de projection !
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:15
    THE LAKE

    It's very interesting what happened to me through this picture: I first wanted to create a unique effect by turning the image and creating a vertigo effect. This should have been a reflection in the water. But I thought it necessary to add a small climber because, originally, there was already one that was upside down. I wanted to refer to Chinese painters. But the picture became unstable and spatially ambiguous, without being it frankly. I think I will come back to this in order to experiment a bit on it. My modification has turned the image into more logical landscape in appearance: vertigo is more hold back, the inconsistency between the top and the bottom reflection is more hidden and overflow of water makes the picture threatening.

    Conclusion:

    The character was too small because it was anecdotal and made the image too narrative.

    The relationship between the top and bottom was not sufficiently worked.

    The new image is more consistent, but the vertigo is lost.

    I'll have to come back to it because the subject is very interesting, especially here in Switzerland where there is a long tradition of alpine painting that I know well since I translated an illustrated book in German on this subject.

    What is my vertigo to me? I'm subject to vertigo effect and this is twice now that I fell off a ladder (the last time quite violently scratching my back on more than 20 cm). But it is mostly an existential vertigo I cannot cure.

    LE LAC

    C’est très intéressant ce qui m’est arrivé à travers cette image : j’ai tout d’abord voulu créer un effet inédit en tournant l’image et en créant un effet de vertige. Cela aurait dû être un reflet dans l’eau. Mais j’ai cru nécessaire d’y ajouter un petit alpiniste parce que, originellement, il y en avait déjà un qui se trouvait la tête en bas. J’ai voulu faire allusion aux peintres chinois. Mais l’image est devenue instable et ambigüe spatialement, sans l’être vraiment franchement. Je pense que je vais y revenir d’ailleurs pour expérimenter un peu là-dessus. Mon intervention a transformé l’image en paysage plus logique en apparence : le vertige est plus contenu, l’incohérence entre le haut et son reflet en bas est davantage masqué et le débordement de l’eau rend l’image menaçante.

    Conclusion :

    Le petit personnage était en trop, car il était anecdotique et rendait l’image trop narrative.

    La relation entre le haut et le bas n’était pas suffisamment travaillée.

    La nouvelle image est plus cohérente, mais le vertige est perdu.

    Il faudra que j’y revienne car le sujet est très intéressant, surtout ici en Suisse où il y a une longue tradition de peinture alpestre que je connais bien puisque j’ai traduit un ouvrage illustré en allemand sur ce sujet.



    Quel est mon vertige à moi ? Je suis en effet sujet au vertige et cela fait deux fois maintenant que je suis tombé d’une échelle (la dernière fois assez violemment en m’écorchant le dos sur plus de 20 cm). Mais il s’agit surtout d’un vertige existentiel dont je n’arrive pas à me guérir.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:12
    DIO (R)
    I always thought that there was the word dio = god in the acronym DIOR. I've played with it in the collage that adorns the book of Robert H. Frank (where we erased the letters IOR for copyright reasons). Here is a new, more explicit version, since there is the figure of a pope in this collage.

    J'ai toujours pensé qu'il y avait le mot dio = dieu dans le sigle DIOR. J'ai déjà joué avec cela dans le collage qui orne le livre de Robert H. Frank mais dont les lettres IOR ont été gommées pour des raisons de droits ). Voici donc une nouvelle version encore plus explicite, puisqu'il y a la figure d'un pape dans ce collage.

    Cela m'est venu spontanément, car la personne assise manquait de sens affirmé, ma femme m'a donné de vieilles carte postales, certaines avec Jean-Paul II, j'ai puisé dans ce vivier tout en pensant aux papes de Bacon. Cela explique aussi l'image du petit singe qui renvoie à l'enfant paralytique d'un tableau de Bacon. Ici, le pape est une figure orientale qui rigole. Je pense à ces islamistes qui invoquent la religion pour commettre leurs crimes abominables et à Poutine qui se permet de mentir comme un arracheur de dents en utilisant de fausses valeurs pour se faire adorer. Même le pape actuel me semble plus médiatique que sincère. Il est à regretter qu'aucun au-delà ne menace ces pseudo-papes médiatiques. Les accessoires comme le sac ne sont là que pour illustrer le goût de la possession. La femme qui marche sur ces hauts talons ne fait que passer – comme tout cela j'espère.



    Avec de tels collages, je me surprends à devenir moralisateur, ce qui n'est pas mon but. Je veux plutôt donner à penser et à se réjouir du tour de main artistique que j'essaie d'imprimer à toutes mes images. Mais mon grand exemple a toujours été le Goya des Disparates. La visite du nouvel étage du Städel de Frankfurt a par ailleurs sûrement renforcé cette tendance au vu des tableaux très critiques des artistes allemands d'après-guerre dont je me sens- malgré mon émigration à 19 ans, assez proche.

    That came to me spontaneously, because the sitting person lacked strong sense, my wife had given me old post cards, some with John Paul II on them, I tapped into this pool while thinking of Bacon's popes. This also explains the image of the monkey, which refers to a painting of a paralytic child by Bacon. Here the pope is an oriental figure who laughs. I think of those Islamists who invoke religion to commit their heinous crimes and what allows Putin to lie through his teeth as using false values to be worshiped. Even the current pope seems more «internet » than sincere. It is regrettable that no beyond threatens the media pseudo-popes with punishment. Accessories like bags are just there to illustrate the joy of possession. The woman walking on her high heels comes and goes - as I hope all this will.

    With these collages, I find myself becoming preachy, which is not my goal. Rather, I want to make think and to rejoice in the art I try to imprint on all my images. But my great example has always been Goya's Disparate. Visiting the new floor at the Städel museum in Frankfurt has also certainly reinforced this trend given the highly critical paintings of German postwar artists that I sense - despite my emigration at the age of 19 - close enough.