Stephanus art gallery

Collages and photos

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  • admin - Friday 4 May 2018 16:10
    ...j'avais compris depuis longtemps que le monde était était un endroit épouvantable pour un petit enfant... (I.Kertesz: Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas)
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:46
    « Exile » a été profondément remanié. De l’ancien collage ne subsistent que des éléments de paysage. J’ai été impressionné en lisant, la veille, la fuite du Dalai Lama en Inde. J’ai l’impression que cette descente depuis les montagnes vers les plaines indiennes par des chemins abrupts se reflète un peu dans ce collage.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:45
    Like a Bird » provient aussi de cette valise. Je n’ai fait qu’y ajouter l’homme qui s’envole, ce qui m’a permis de jouer encore davantage sur les oppositions visuelles.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:30
    The phantom of my mother
    This collage came by chance, there is no premeditation. I started with a grotesque character wearing a pink tutu who exhibited himself half-naked in a city. Cutting the back side of this photo and after returning it, there remained only a leg, an arm and a piece of tutu. In another picture, I had already cut out and glued a dog's head emerging from a cauldron over a fire. It is on this picture that I pasted this emaciated body whose misshapen head floats randomly in the air.
    Once the "body" pasted, I immediately thought of my mother, so I arranged the head so that it vaguely resembled to my phantasm.
    This phantom reminds me of my mother when she was over 99, at the end of her life. She was completely emaciated in her shirt of the nursing home, she looked like escaping gravity. Other elements made me think of her, as the wooden house of a village in Bessarabia where my maternal grandparents come from; the ruins of the two world wars she lived and the pink tutu of her desire to impeccable and her sometimes a little kitschy taste. Her attitude in this collage referred me to her optimism, courage and vitality, in spite of all. Finally, of course, the collage informs on my own attitude towards her, a mixture of tenderness and mockery. This is not a portrait of my mother old, but that of her ghost that dwells in my memory. And interestingly, this phantom haunts me more than the memory of my father.
    Le fantôme de ma mère
    Ce collage est venu comme par hasard, il n’est nullement prémédité. Je suis parti d’un personnage grotesque vêtu d’un tutu rose qui s’exhibait dans une ville. A force de découper l’envers de cette photo, une fois retourné, il n’en restait plus que jambe, bras et morceau de tutu. Sur une autre photo, j’avais déjà collé une tête de chien qui émerge d’un chaudron au-dessus d’un feu. C’est sur cette image que j’ai collé ce corps décharné dont la tête difforme et vieille se promène détachée dans l’air.
    Une fois le « corps » collé, j’ai immédiatement pensé à ma mère et j’ai donc arrangé la tête de manière vaguement ressemblante à mon fantasme.
    Ce fantôme me fait penser à ma mère en fin de vie, quand elle avait 99 ans passés. Elle était complètement décharnée dans sa chemise de maison de retraite médicalisée, comme échappant à la pesanteur. D’autres éléments m’ont fait penser à elle, comme la maison en bois à un village de Bessarabie dont sont issus mes grands-parents maternels ; les ruines aux deux guerres mondiales qu’elle a vécues et le tutu rose à son désir d’être impeccable et son goût parfois un peu kitsch. Son attitude dans ce collage me renvoie à son optimisme, à son courage et à sa vitalité, malgré tout. Enfin, bien sûr, ce collage me renseigne sur ma propre attitude envers elle, un mélange de tendresse et de moquerie. Ce n’est pas un portrait de ma mère vieille, mais celui de son fantôme qui habite ma mémoire. Et curieusement, ce fantôme me hante davantage que le souvenir de mon père.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:28
    The central character of this collage is naturally the little girl whom somebody puts a bandage on. She is riveted on what is done to her. She has a gesture that could be interpreted as open or abandonment, but to look more closely after seeing a thumb up his right arm one can guess : she is held, her arms are extended by someone . All this in a mess worthy of Star Wars where a character half-robot , half human is examined thoroughly , probably for repair .

    This picture takes me back to both my childhood and my current status. In terms of childhood, I remember a vaccination against smallpox where the syringe seemed huge, especially as the injection was made in the chest, I presume. My brother, older than me, went first to the pan and it seemed horrible to my eyes. I was very scared and probably (I do not remember it ) had to be held so the could push the needle into my chest. As for my current state , well thanks to some repairs , my body (re) works pretty well , but I feel it happening funny things there. It may be objected that this is from my very origin so, but the consciousness of my own body fragility manifested itself quite late and was a big shock. That's the personal side. Furthermore we could discuss other possible interpretations as garbage and its influence on human health etc. But to be honest, I have thought about absolutely nothing when I did it, maybe about C3 -PO ...

    Le personnage central de ce collage est naturellement la petite fille à qui on met un pansement. Elle est rivée sur ce qu’on lui fait. Elle a un geste qu’on pourrait interpréter comme ouvert ou d’abandon, mais à y voir de plus près on devine le bout d’un pouce en haut de son bras droit : elle est tenue, ses bras sont écartés par quelqu’un. Tout cela dans un capharnaüm digne de Star Wars : un personnage mi- robot, mi humain est examiné de fond en comble, sans doute en vue d’une réparation.



    Cette image me renvoie à la fois à mon enfance et à mon état actuel. Pour ce qui est de l’enfance, je me rappelle une vaccination contre la variole où la seringue m’a semblé gigantesque, d’autant plus que l’injection s’est faite dans la poitrine, il me semble. C’est mon frère, plus âgé que moi, qui est passé le premier à la casserole et cela m’a semblé horrible. J’ai eu très peur par anticipation et sans doute (je ne me rappelle pas cela) a-t-on dû me tenir pour qu’on puisse enfoncer l’aiguille dans ma poitrine. Quant à mon état actuel, eh bien grâce à quelques réparations, mon corps (re)fonctionne plutôt bien, mais j’ai l’impression qu’il se passe de drôles de choses là-dedans. On objectera que c’est ainsi depuis ma conception, mais la conscience de ma propre fragilité corporelle ne s’est manifestée que tardivement chez moi et a été d’autant plus un grand choc. Voilà pour le côté perso. Par ailleurs, on pourrait évoquer d’autres pistes d’interprétation comme les ordures et leur influence sur la santé humaine etc. Mais, pour être honnête, je n’ai pensé à strictement rien quand je l’ai fait, au grand maximum à C3-PO…
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:27
    I worked hard on this collage, even if it is done in one session. I needed time to find a "story" and consistency (I always want to create a united picture, despite the disparate elements) . What I quickly found is the woman at the right side, even though I changed it a little later. I thought of peace that emanates from this bucolic part and I remember now the simplicity of my nanny, even if she was of much stronger constitution. It was she who took care of me and my brother during a long time, until she retired. To the left is the tumult of helmeted policemen, Ukrainians, I think. Before, rising from the landscape, the blue grinning devil points his finger at the viewer. He holds a sheaf of grain (?): This can only be myself, the sheaf, is my heap of collages, my laughter is the cartoonist who I am and the pointed finger is supposed to challenge the viewer. The background characters introduce themselves impulsively in my pictures; this is the world in its more or less agitated course. I do not have the wisdom or the resignation of the old woman who recedes to the background because she has stopped trying to influence the world. It is my ultimate future, but in the meantime I do not want to fall into sentimentality, repetition, copying myself, but continue to surprise me with dreamlike images.

    (for a bigger picture, click here)



    J’ai travaillé intensément ce collage, même s’il s’est fait en une seule séance. J’ai mis du temps à trouver une « histoire », une cohérence (j’ai toujours le souci de créer une unité, malgré les éléments disparates). Ce que j’ai assez vite trouvé, c’est la femme à droite, même si je l’ai changé un peu par la suite. J’ai pensé à la tranquillité, la paix qui émane de cette partie bucolique et je pense en ce moment à la simplicité de ma nounou, même si celle-ci était de constitution nettement plus forte. C’est elle qui s’est occupé de mon frère et moi longtemps, jusqu’à ce qu’elle prenne sa retraite. A gauche, c’est le tumulte : des policiers casqués ukrainiens, je crois. Devant, surgissant du paysage, ce diable bleu ricanant qui pointe son doigt sur le spectateur. Il tient une gerbe de céréales ( ?) : ce ne peut qu’être moi-même, la gerbe, ce sont mes collages, mon rire est celui du caricaturiste que je suis et le doigt pointé est censé interpeller le spectateur. Les personnages du fond s’introduisent de manière impulsive dans mes images, c’est le monde dans son cours plus ou moins agité. Je n’ai pas encore la sagesse ou la résignation de la vieille femme qui recule vers le fond, car elle a cessé de vouloir agir sur le monde. C’est mon avenir ultime, mais en attendant, je ne veux pas tomber dans la mièvrerie, la répétition, la copie de moi-même, mais continuer à me surprendre par des images oniriques.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:25
    The original image featured a magician and a little boy on a stage surrounded by a red curtain. I was attracted by the pale and very small child on the front of the stage. Part of a Greenland mummy transforms the boy. The magician becomes a kind of hunter, but I have highlighted the dangerous side with a coat of hunter / soldier . Then I put a piece of a child's face on the head of the mummy so it comes back to life. The boy looks stunned and amazed. Unhappy with the decor which reminds me the compositions of Magritte, I opt for a radical transformation by pasting the image of a silhouette that seems to go into space in a mountain setting .

    Following a comment from my friend M., I link to my own story. The little boy is a little me arriving in Switzerland in 1947, crossing alone the customs in Basel with my suitcase. Customs opened it on the train platform even among the crowd and out of my stuff takes out a windup tin clown, which starts walking on the platform among the travelers. Behind me, very far, is Germany and further there my parents and my brother which are not of the journey. Anyway, they do not have the right to leave the British occupation zone. Without doubt I experienced a kind of vertigo that time! Somebody is waiting for me on the other side, but I do not know who it is. And years later, when I had settled down in Switzerland I have seen so many immigrants with their suitcases on the train platform in Geneva and I resented this always quite strongly.

    Le rideau rouge.

    L’image de départ figurait un magicien et un petit garçon sur une scène bordée d’un rideau rouge. J’ai été attiré par cet enfant pâlichon et bien petit sur le devant de la scène. Une partie d’une momie groenlandaise transforme le petit garçon. Le magicien devient une sorte de chasseur, mais j’ai accentué le côté dangereux par un habit de chasseur/militaire. Puis j’ai mis un bout de visage d’enfant sur la tête de momie de sorte à la faire revenir à la vie. Le garçon semble ahuri ou émerveillé. Peu satisfait du décor qui me rappelle trop les compositions de Magritte, j’opte pour une transformation radicale en y collant l’image d’une silhouette qui semble aller dans le vide dans un décor de montagne.



    Suite à un commentaire de mon ami M., je fais le lien avec ma propre histoire. Le petit garçon, c’est un peu moi arrivant en Suisse en 1947, traversant la douane à Bâle avec ma valise tout seul. Le douanier ouvre celle-ci sur le quai de gare même parmi la foule et sort mes affaires dont un jouet à ressort, un clown qui, remonté, se met à marcher sur le quai parmi les voyageurs. Derrière moi, très loin, se trouve l’Allemagne et encore plus loin il y a mes parents et mon frère qui ne sont pas du voyage. De toute façon, ils n’ont pas le droit de quitter la zone d’occupation britannique. Sans doute ai-je été saisi d’une sorte de vertige à ce moment-là ! Je suis attendu de l’autre côté de la frontière, mais je ne sais pas par qui. Et plus tard, quand j’ai habité la Suisse définitivement, j’ai vu tant d’immigrés avec leurs valises sur le quai de la gare de Genève et je ressentais ce spectacle toujours assez fortement.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:24
    Evasion
    I want to talk about a collage that eludes my immediate understanding. If I was a bad pun, I would call it “kick butt " , referring to the cross wielded by the man. The departure of the collage is the plump ass of Serena Williams. It is so round and plump that I have censored it with a pair of scissors, which made them more natural. The picture of her waiting for the adverse service made me imagine her falling. Yes, but the cause of this fall? Fortunately, there was this masked player which I also reduced by a even bolder snip, rendering him alike to the disabled Olvidados of Buñuel. I wanted it to boot this big behind, but the baseball bat (gravelly words game in French) seemed too sporty. I preferred the crucifix as a weapon, thinking about what is happening in Bamako.

    So if now I presume that the dreamer is embodied in all the characters of the dream , according to Freud , what is my part in these characters?

    For the sadistic batter, it seems relatively easy, people can testify , I guess. What intrigues me is that the male body seems incomplete. It is only violence of arms, torso, but the lower body is missing or hidden, unless it merges with the woman.

    The latter seems to crash on the tarmac with a huge smile; as if it was just a game. Its powerlessness - despite its equally powerful body - is obvious, because it lacks arms. And both are on a platform with rolling wheels. Where to?

    Is this a religious painting, as Caravaggio’s Conversion of Paul? This would be the key moment of this moment, with the white ball suspended in the air would figure the Spirit?

    Hm, I drift , I’m rambling, the collage remains obscure and rejects any interpretation, no childhood memory comes to enlighten me , I've never been beaten by adults - with the exception of religious Protestant Dutch women who made of me their scapegoat . Ah! The mystery of the stick seems to me less mysterious! But it remains curious that the persecutor is male in this picture, it does not definitely fit into the picture.

    I give up, the work constantly eludes me, and I, its so-called author, once again am experiencing the feeling of being a sheer medium and that the true author continues to draw his threads without deigning to appear in the light or tell me what he has in mind.

    La dérobade

    J’ai envie de parler d’un collage qui se dérobe à ma compréhension immédiate. Si je faisais un mauvais jeu de mot, je l’appellerais « Coup de crosse », en faisant allusion à la croix brandie par l’homme. Le collage est parti des fesses rebondies de Serena Williams. Elles sont si rondes et rebondies que je les ai censurées d’un coup de ciseaux, ce qui les a rendues plus naturelles. La photo de son attente du service de l’adversaire m’e l’a fait imaginer tombant. Oui, mais la cause de cette chute ? Heureusement qu’il y avait ce joueur masqué que j’ai également réduit d’un coup de ciseaux encore plus hardi, le rendant semblable au handicapé des Olvidados de Buñuel. J’ai voulu qu’il botte ce gros derrière, mais la batte de baseball (jeu de mots graveleux en français) me semblait trop sportive. J’ai préféré le crucifix comme arme, pensant à ce qui se passe en à Bamako.

    Si maintenant je présume que le rêveur se trouve incarné dans tous les personnages du rêve, selon Freud, quelle est ma part dans ces personnages ?

    Pour le sadique, cela semble relativement facile, des gens pourront en témoigner, je suppose. Ce qui m’intrigue, c’est que le corps masculin semble incomplet. Il n’est que violence des bras, du torse, mais le bas du corps manque ou est masqué, à moins qu’il ne se confonde avec celui de la femme.

    Cette dernière semble s’écraser sur le macadam avec un immense sourire, comme si ce n’était qu’un jeu. Son impuissance - malgré son corps également puissant - est manifeste, car elle manque de bras. Et tous les deux se trouvent sur une plateforme à roues qui avance.

    Est-ce un tableau religieux, comme la conversion de Paul du Caravage? Ce serait alors le moment-clef de ce moment, où la boule blanche suspendue en l’air figurerait l’esprit ?

    Je dérive, je délire, le collage reste obscur et refuse toute interprétation, aucun souvenir d’enfance ne vient éclairer ma lanterne, je n’ai jamais été battu par des adultes – à l’exception de religieuses protestantes hollandaises qui avaient fait de moi leur souffre-douleur. Ah ! Le mystère de la crosse me semble tout d’un coup moins mystérieux! Mais il demeure curieux que le persécuteur soit masculin dans cette image, cela ne colle décidément pas.



    J’abandonne, l’œuvre se dérobe sans cesse et moi, son soi-disant auteur, éprouve encore une fois le sentiment de n’être qu’un médium et que le vrai auteur continue à tirer ses fils sans daigner apparaître dans la lumière ni m’informer de ce qu’il a en tête.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:22
    These days, I struggled with inspiration. No doubt this is due to my enrollment in a fb group dedicated to collage. What I see there is primarily the illustrative side of collage and this aspect is approved mainly, at the expense of a more demanding approach.

    This undoubtedly triggered a mini- crisis of inspiration in me . This collage attempts to overcome this problem by drawing inspiration from both a digital montage seen on the net and the "return" to the Cubist collages, playing with fragments of space, without falling into a mosaic or a simple juxtaposition of plans. I'm looking for interpenetration, a space that pulses! Moreover, it started in a very illustrative, figurative manner , with houses tumbling in all directions , as in the Apocalypse of Angers or in a Beatus . I then decided to introduce truly heterogeneous elements in shape while nevertheless preserving the unity of form and content.

    As for the meaning of this collage, it calls for a open to the world studio, and not as a closed and isolated space, like a monk's cell behind high walls: here the world is crashing in the creative space and disrupts everything. Planes disappear, dictators gesticulate, crowds throng, there are ads, the painting breaks up, only blond amber remains serene in its cup ! I identify with this liquid that is protected by a thin membrane. And the disorder of the world ends here.

    Désordres

    Ces derniers jours, j’ai lutté avec l’inspiration. Sans doute est-ce dû à mon inscription dans un groupe fb consacré au collage. Ce que j’y vois, c’est avant tout le côté illustratif du collage et que c’est cet aspect qui est approuvé majoritairement, au détriment d’une approche plus exigeante.

    Cela a sans doute déclenché une mini-crise d’inspiration chez moi. Mon collage tente de dépasser ce problème en m’inspirant à la fois d’un montage digital vu sur le net et le « retour » vers les papiers collés cubistes, pour des jeux avec des fragments d’espace, sans tomber dans une mosaïque ou une simple juxtaposition de plans. Je recherche une interpénétration, un espace qui pulse ! D’ailleurs, il est parti d’abord d’une manière très figurative, illustrative, avec des maisons allant dans tous les sens, comme dans l’Apocalypse d’Angers (http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a5/La_chute_de_Babylone.jpg) ou dans les Beatus. J’ai ensuite décidé d’y introduire des éléments vraiment hétérogènes au niveau de la forme tout en préservant malgré cela l’unité de forme et de contenu.



    Quant au sens de ce collage, il plaide pour un atelier ouvert sur le monde, et non pas vu comme un espace clos et isolé, à la manière d’une cellule de moine derrière de hauts murs : ici le monde entre avec fracas dans l’espace créatif et bouleverse tout. Des avions disparaissent, des dictateurs gesticulent, des foules se pressent, il y a de la pub, le tableau se brise, seule l’ambre blonde reste sereine dans son calice ! Je m’identifie avec ce liquide qui est protégé par une fine membrane. Et le désordre du monde s’arrête là.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:21
    Chinese posters of the 80ies, in a book oft T. editions: I started to cmodify some of them this summer, and I had given up . By taking up now , I feel a sort of jubilation. Why:

    - I immerse myself in the language of propaganda - which is the same in Nazism or Communism : stereotypes , a heroic figures , kitsch (flowers, well-nourished infants at the time of the worst famine , halos, frontalism , “ “sweet” colors…) .

    - I criticize this language by modifying these posters, returning to the origin of dada collage .

    - I venture to a clearer message with figurative elements.



    I enjoy a lot in fact and ideas come quickly. In my collages, I sometimes struggle to find a satisfactory composition and this is sometimes a long grueling fight with the picture. Here, associations, ideas and shapes, come almost instantly and easily, as if I was surfing on a beautiful wave. And I do several collages per day . It reminds me of children's books from which I have extracted some pages to make collages a few years ago . Same sense of kitsch, but the huge lie has reached an absolute maximum in Chinese paintings! It's as if the cult of blond man finds here an Asian equivalent or if you will, the French Sulpician art . Understandably, Chinese artists have felt the need to experiment in contemporary art, though I sometimes think it has led them to be too much to be à la page, as they had obeyed to very strict canons. For me, obedience in art is harmful to art. Byzantine art is often beautiful, but as its laws are immutable and as the secrets of the ancient icon painters are probably lost, what we see today as " icon " is a very distant memory of the origins. In our time, the old rules are dead, each artist has the opportunity to create a menu in its own way, like a chef who makes his fusion cuisine. So it diverts me as much as busting ads, but current ads have become wiser, they do not dare express strong "values" as the Chinese painters . In my school (Waldorf School), there was also a bit of that , if I think : those rounded , harmonious shapes , not too violent colors , so smooth . Me, I always liked German Expressionism, although I try to be less edgy on the entire composition, so as not to break the picture. But I’d rather not do kitsch!

    Les posters chinois des années 80, pris dans un livre des éditions T., j’avais commencé à les modifier cet été, puis j’avais abandonné. En les reprenant maintenant, j’éprouve une sorte de jubilation. Pourquoi :

    - Je me plonge dans le langage de la propagande – qui est le même dans le nazisme ou le communisme: stéréotypes, héroisation des rôles, kitsch (fleurs, petits enfants bien nourris à l’époque de la pire famine, halos), frontalité, couleurs « agréables)…

    - Je critique ce langage en le détournant, revenant à l’origine dada du collage.

    - Je m’aventure vers un message plus clair, avec des éléments figuratifs.





    Je m’amuse beaucoup en fait et les idées viennent rapidement. Dans mes collages, je peine parfois à trouver une composition satisfaisante et c’est une quelquefois une longue bagarre épuisante avec le collage. Ici, les associations, d’idées et de formes, viennent quasi instantanément et aisément, comme si je surfais sur une belle vague. Du coup j’en fais plusieurs par jour. Cela me rappelle les livres d’enfants dont j’ai extrait quelques pages pour en faire des collages il y a quelques années. Même sentiment de kitsch, de mensonge énorme mais dans les peintures chinoises on atteint un maximum absolu ! C’est un peu le culte de l’homme blond qui trouve ici son pendant asiatique ou si on veut, l’art saint-sulpicien. On comprend aisément que les artistes chinois aient éprouvé le besoin d’expérimenter dans l’art contemporain, même si je pense parfois que cela les a conduits à être trop à la page à force d’obéir à des canons aussi stricts. Pour moi, l’obéissance en art est néfaste pour l’art. L’art byzantin est souvent beau, mais comme ses canons sont immuables et que les secrets des anciens peintres d’icônes sont sans doute perdu, ce que nous voyons aujourd’hui comme « icône » n’est qu’un très lointain souvenir des origines. A notre époque, les règles anciennes sont mortes, chaque artiste a le loisir de se composer un menu à sa façon, à la manière d’un chef qui fait sa cuisine de fusion. Donc cela m’inspire autant que de détourner une publicité, mais les publicités actuelles sont devenues plus sages, elles n’osent pas affirmer des « valeurs » comme les peintres chinois. Dans mon école, il y avait aussi un peu de cela, si j’y pense : que des formes arrondies, harmonieuses, des couleurs pas trop violents, pas de heurts etc. Moi, j’ai toujours aimé l’expressionnisme allemand, même si j’essaie d’être moins heurté sur l’ensemble de la composition, afin de ne pas casser le tableau. Mais au grand jamais je ne voudrais faire du kitsch !