Stephanus art gallery

Collages and photos

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  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:12
    DIO (R)
    I always thought that there was the word dio = god in the acronym DIOR. I've played with it in the collage that adorns the book of Robert H. Frank (where we erased the letters IOR for copyright reasons). Here is a new, more explicit version, since there is the figure of a pope in this collage.

    J'ai toujours pensé qu'il y avait le mot dio = dieu dans le sigle DIOR. J'ai déjà joué avec cela dans le collage qui orne le livre de Robert H. Frank mais dont les lettres IOR ont été gommées pour des raisons de droits ). Voici donc une nouvelle version encore plus explicite, puisqu'il y a la figure d'un pape dans ce collage.

    Cela m'est venu spontanément, car la personne assise manquait de sens affirmé, ma femme m'a donné de vieilles carte postales, certaines avec Jean-Paul II, j'ai puisé dans ce vivier tout en pensant aux papes de Bacon. Cela explique aussi l'image du petit singe qui renvoie à l'enfant paralytique d'un tableau de Bacon. Ici, le pape est une figure orientale qui rigole. Je pense à ces islamistes qui invoquent la religion pour commettre leurs crimes abominables et à Poutine qui se permet de mentir comme un arracheur de dents en utilisant de fausses valeurs pour se faire adorer. Même le pape actuel me semble plus médiatique que sincère. Il est à regretter qu'aucun au-delà ne menace ces pseudo-papes médiatiques. Les accessoires comme le sac ne sont là que pour illustrer le goût de la possession. La femme qui marche sur ces hauts talons ne fait que passer – comme tout cela j'espère.



    Avec de tels collages, je me surprends à devenir moralisateur, ce qui n'est pas mon but. Je veux plutôt donner à penser et à se réjouir du tour de main artistique que j'essaie d'imprimer à toutes mes images. Mais mon grand exemple a toujours été le Goya des Disparates. La visite du nouvel étage du Städel de Frankfurt a par ailleurs sûrement renforcé cette tendance au vu des tableaux très critiques des artistes allemands d'après-guerre dont je me sens- malgré mon émigration à 19 ans, assez proche.

    That came to me spontaneously, because the sitting person lacked strong sense, my wife had given me old post cards, some with John Paul II on them, I tapped into this pool while thinking of Bacon's popes. This also explains the image of the monkey, which refers to a painting of a paralytic child by Bacon. Here the pope is an oriental figure who laughs. I think of those Islamists who invoke religion to commit their heinous crimes and what allows Putin to lie through his teeth as using false values to be worshiped. Even the current pope seems more «internet » than sincere. It is regrettable that no beyond threatens the media pseudo-popes with punishment. Accessories like bags are just there to illustrate the joy of possession. The woman walking on her high heels comes and goes - as I hope all this will.

    With these collages, I find myself becoming preachy, which is not my goal. Rather, I want to make think and to rejoice in the art I try to imprint on all my images. But my great example has always been Goya's Disparate. Visiting the new floor at the Städel museum in Frankfurt has also certainly reinforced this trend given the highly critical paintings of German postwar artists that I sense - despite my emigration at the age of 19 - close enough.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:11
    I emailed this collage to a very gifted student of mine and she sent me this commentary I publish here with her permission. Enjoy!



    …I want to comment on your latest collage ... I find it both filled with humor and ... questions , as many of them.

    I am impressed by the immaculate connection between the image of the legs and "busts". Beyond the cutting and reassembling these two images exude a very similar energy, which I’d describe as glamorous - rock , with underlying aggressiveness . It's a good thing for me to watch this, because it shows me that it is possible to make juxtapositions without "blending" .

    The figure on the left appears to me as a child and as a result, its "legs" with black panties have a truly disturbing sexual dimension. This takes me directly to the over-sexualization of girls in our consumer society, including those pre-pubescent models that are used in advertising, making them take poses that are at least inappropriate, given their emotional and sexual maturity. This stresses that these legs, especially on the left, seem to belong to a pre- pubescent teenager.

    Maybe is it the artificially open mouth of the same character next to the lion which strikes me as a bit of humor ? Is this intentional? The lion looks more threatening, it looks like he’s eating something, yet this work extricates (in my sense ) something that approximates derision, as a sort of parody of the advertisements that exploit sexuality and rock-rebel in order to sell something . I feel halfway between parody and something more tragic, as the over- sexualization of prepubescent girls. I do not know. This is rather halfway between derision and threat as the look of the female character does not seem reassured. Many questions arise,

    the spectator has to make up his opinion. It's strong.

    (Eurydice Labaki-Bacca)



    …J'aimerais commenter ton dernier collage... que je trouve à la fois rempli d'humour et... de questionnements, comme bon nombre d'entre eux.

    Je suis impressionnée par le raccord impeccable entre l'image des jambes et des "bustes". Au-delà du découpage et du recollage, ces deux images dégagent une énergie très semblable, que je qualifierais de glamour - rock, avec une agressivité sous-jacente. C'est une bonne chose pour moi de contempler ceci, car cela me démontre qu'il est possible de faire des juxtapositions sans "blending".

    Le personnage de gauche m'apparaît comme une enfant et du coup, ses "jambes" avec slip noir ont une dimension sexuée vraiment dérangeante. Cela me renvoie directement vers la sur-sexualisation des petites filles dans notre société de consommation, notamment de ces mannequins pré-pubères que l'on utilise dans la publicité, en leur faisant prendre des poses pour le moins inappropriées, au vu leur maturité émotionnelle et sexuelle. Ceci fait ressortir que ces jambes, surtout à gauche, semblent appartenir à une adolescente pré-pubère.

    Peut-être est-ce la bouche artificiellement ouverte de ce même personnage à côté du lion qui me fait l'effet d'une pointe d'humour? Est-ce voulu ? Le lion a plutôt l'air menaçant, on dirait qu'il mange quelque chose, pourtant cette œuvre dégage (à mon sentiment) quelque chose qui se rapproche de la dérision, comme une sorte de parodie de la publicité qui exploite sexualité et rock-rebelle pour vendre quelque chose. J'ai l'impression d'être à mi chemin entre la parodie et quelque chose de plus tragique, comme la sur-sexualisation des filles prépubères. Je ne sais pas. Ce ou plutôt à mi-chemin entre la dérision et la menace, car le regard du personnage féminin n'a pas l'air rassuré. Beaucoup de questions sont posées, c'est au spectateur de se faire son opinion. C'est fort.



    (Eurydice Labaki-Bacca)
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:09
    After this collage and during a short insomnia, I thought about my best friend from my teenage years. He didn’t have the same background as me, he looked physically very different from me: blonde, tall and clear eyes… and he lived only in the present.

    We saw each other every day, he had plenty of funny or poetic ideas, you never got bored with him - in short, I adored him. In addition, he strongly encouraged my self-taught beginnings in painting. All this to say how close we were, but we really didn’t say our thoughts on behalf of our feelings. For proof, a painful episode for me which has created a rift within me: I was in love with a girl in my neighborhood that I presented to my friend. At a party, I saw them kissing each other before me. I burst into tears and I got drunk, I was inconsolable. And he sent me this girl in order to she comfort me (a little). I felt humiliated and devalued and my relationship with this friend suffered from this in the long run. Because, and this was my thinking last night, it was he who should have it spoken out with me or comfort me. I was crying his betrayal, not the choice of this girl.

    Maybe what he needed was not really me, but what I could offer him in knowledge, by introducing him in my social environment. I did not put it this way at that time, but I felt strongly that betrayal because, from my side , I would never have done this to my best friend.



    Après avoir fait ce collage et au cours d’une courte insomnie, j’ai repensé à mon meilleur ami de mon adolescence. Il n’était pas du même milieu que moi, il était physiquement très différent de moi : blond, grand, yeux clairs et il vivait seulement dans le présent.

    On se voyait tous les jours, il avait des idées amusantes, poétiques, on ne s’ennuyait jamais avec lui - bref, je l’adorais. En plus, il encourageait vivement mes débuts d’autodidacte en peinture. Tout cela pour dire combien nous étions proches, mais sans vraiment nous dire nos pensées au niveau du sentiment. J’en veux pour preuve un épisode douloureux pour moi qui a fait naître une fêlure en moi : J’étais amoureux d’une jeune fille de mon voisinage que j’ai présentée à mon ami. Lors d’une fête, j’ai vu que lui et elle s’embrassaient devant moi. J’ai fondu en larmes et j’ai pris une cuite, j’étais inconsolable. Et lui, il a envoyé vers moi cette fille pour qu’elle me console (un peu). Je me suis senti humilié et dévalorisé et ma relation avec cet ami s’en est ressenti à la longue. Car, et cela a été ma réflexion de cette nuit, c’est lui qui aurait dû s’expliquer avec moi, voire me consoler. Ce que je pleurais, c’était sa trahison, pas le choix de cette fille.



    Peut-être que ce qu’il recherchait ce n’était pas vraiment moi, mais ce que je pouvais lui apporter en connaissances, en l’introduisant dans mon milieu. Je ne l’ai pas formulé ainsi à cette époque, mais j’ai fortement ressenti cette trahison, car, de mon côté, je n’aurais jamais agi ainsi vers mon meilleur ami.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:08
    Usually I'm so busy working on my collage that I do not think to take a picture of an intermediate state. But this time, yes, and we can see some improvements I could make to this image. The starting point was the picture of the Pope with a clown nose. At first view it is very nice but in a second time, the contrast between the papal attire and red nose made me think. Because I think a public figure should not lend itself to any bullshit before the cameras – why not the reverse bucket of ice! So I tried to make a contradictory picture, with elements of the religious rhetoric in paintings of the past and more pop, contemporary elements. One of my young artists I currently coach told me about it that my images are made reflections of a mad world. I think it's a nice formula. Many collages that are published on the internet rehashing old dadaist or surreal formulas, but it seems to me that we must create something new, consistent with our world. This is the motivation that pushed me to the collage in the 60s and I want to remain faithful to it. Seeing a story about Picasso on TV, I said to myself that his artistic approach was far more noble than the clowning of the media stars- be they artists or pope. There is a real questioning with Picasso on the representation that inspires me more than the reality shows of the day.

    Habituellement je suis tellement pris par le travail sur le collage que je ne pense pas à prendre une photo intermédiaire. Mais cette-fois-ci oui et on peut voir les quelques améliorations que j’ai pu apporter à cette image. Le point de départ a été la photo du pape avec un nez de clown. A priori c’est fort sympathique mais dans un second temps, le contraste entre la tenue papale et ce nez rouge m’a donner à penser.Car j’estime qu’un personnage public ne devrait pas se prêter à n’importe quelle connerie devant les caméras – il ne manque plus que le renversement du seau de glace ! J’ai donc essayé de faire une image contradictoire, comportant des éléments de la rhétorique religieuse des peintures du passé et des éléments plus pop, contemporains. Une de mes artistes que je coache en ce moment m’a dit à ce propos que mes images sont le reflet fou d’un monde fou. Je trouve que c’est une jolie formule. Beaucoup de collage publiés sur internet ressassent les vieilles formules dadaïstes ou surréalistes, mais il me semble qu’il faut créer du nouveau, en phase avec notre monde. C’est la motivation qui m’a poussé vers le collage dans les années 60 et je veux y rester fidèle. En voyant un reportage sur Picasso à la TV, je me suis dit que sa démarche artistique avait bien plus de noblesse que les pitreries des stars des médias – qu'ils soient artistes ou pape. Il y a chez Picasso une vraie interrogation sur la représentation qui m'inspirer davantage que les reality shows du jour.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:06
    Indecision


    This image came like that, without having previously thought about or being concerned about an existential question. But it asks me several questions and brings me back decades before .

    At the time, I wondered if I should have a "normal" life, having children in a stable relationship or move to other horizons. I finally took the second option, but the question remained present. Probably did I escape in my pictures, as they are providing me daily adventures. Looking more closely at this picture, I think of my first wife, and then erased and there like a ghost since she died of her incurable alcoholism. We had a child together whose entry into adult life was a drama. And I had to raise her a few years alone. And her son prefers not to see me when we live in the same city !

    From this story I still have scars, but I 'm upright , also thanks to my current wife that beautifies my life for over a quarter century now.

    This image is like a mirror for me. I cannot decode everything as it eludes my understanding , but it is familiar to me as an old family photo.

    Indécision



    Cette image est venue comme ça, sans que j’y aie réfléchi auparavant ou que je sois préoccupé par une interrogation existentielle. Elle me pose pourtant plusieurs questions et me ramène des décennies en arrière.

    A l’époque, je me demandais si je devais mener une vie « normale », avoir des enfants dans une relation stable ou bien partir vers d’autres horizons. J’ai finalement opté pour la 2e solution, mais l’interrogation demeurait présente. Sans doute me suis-je évadé dans mes images, celles-ci me procurant des aventures quotidiennes. En regardant de plus près cette image, je pense à ma première femme, effacée et là comme un fantôme car morte de son alcoolisme incurable. Nous avons eu un enfant ensemble dont l’entrée dans la vie d’adulte a été bien dramatique. Et que j’ai dû élever pendant quelques années tout seul. Et son fils à elle a préféré ne plus me voir alors que nous vivons dans la même ville!

    De toute cette histoire je garde encore des cicatrices, mais je suis debout, aussi grâce à mon actuelle femme qui embellit ma vie depuis plus d’un quart de siècle.



    Cette image est comme un miroir pour moi. Je ne peux pas tout y décoder car elle se dérobe à ma compréhension, mais elle m’est familière comme une vieille photo de famille.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:04
    Portrait of the artist as a Koons-like sculpture
    This collage is very simple , there is little change made to the original picture , just a humanization of a sculpture à la Koons. What pleases me is first of all the attitude that is frozen in a falling movement or contortion, as expressed by the grimace of the face, the allusion to Chinese art and the museum. Collage, as I practice it, remains outside museums: too small, too fragile, too cheap. So I am like this sculpture twisting myself struggling to find my place in today's art, a hybrid being who focalizes in him many influences. And who makes efforts to renew himself, even if my face is deformed by this tension eventually looks like a clown. But entertainer I will not be , it's a role that does not fit my background that is extremely serious and ambitious. It remains for me to assume my current status and tweak my images happily.

    Ce collage est très simple, il n’y a guère de changements, juste une humanisation d’une sculpture à la Koons. Ce qui me plaît, c’est tout d’abord l’attitude qui est gelée dans un mouvement de chute ou de contorsion, exprimée aussi par la grimace du visage, l’allusion à l’art chinois et au musée. Le collage tel que je le pratique reste en dehors des musées : trop petit, trop fragile, trop bon marché. Je suis donc comme cette sculpture à me tordre et à me démener pour trouver ma place dans l’art d’aujourd’hui, un être hybride qui concentre en lui un grand nombre d’influences. Et qui fait des efforts pour se renouveler quitte à ce que mon visage déformé par cette tension finisse par ressembler à celui d’un clown. Mais amuseur je ne veux point être, c’est un rôle qui ne correspond pas à mon fond qui est extrêmement sérieux et ambitieux. Il ne me reste donc qu’à assumer mon statut et à tordre mes images joyeusement.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 19:02
    It is after watching painting of contemporary German artists that my collage arose . And pictures of Kobane

    . And the ruins emerged with a clock that dominates the scene, as in a story by Borchert . On the right side, the men search the rubble, as I did when I was 4-5 years old. I found "treasures" in it: crystal pendants of the chandelier that must have been in my mother's room , where the bomb had fallen during the war. I found thus some buried old objects, just as the paleontologists in my collage that assemble bones . The left side of my collage probably speaks of reconstruction and also of an inscription. This is history, memory, that haunts me. How to assemble these pieces? I think one can try to write a story, t facts that fit into a novel. But of course at the expense of raw truth. My collage by contrast is syncopated, disruptive, but still consistent I think.

    What I see most of the time in the collages published here and there, is playing with paradoxes and this seems to be more liked than a less immediate narrative construction, which is more demanding in terms of reading. So I feel closer to artists who make a painting that encourages reflection than some swanky art that always flatters the onlooker.

    C’est après avoir regardé des tableaux d’artistes allemand contemporains que ce collage m’est venu. Et aussi des photos de Kobane. Et ce sont des décombres qui sont apparus, avec une horloge qui domine la scène, comme dans un récit de Borchert. Dans la partie droite, des hommes fouillent les gravats, comme moi je le faisais quand j’avais 4-5 ans. J’y trouvais des « trésors » : des pendentifs en cristal du lustre qui devait se trouver dans la chambre de ma mère, là où la bombe était tombée pendant la guerre. Je parvenais ainsi à des objets anciens enfouis, comme ces paléontologues du collage qui assemblent des ossements. La partie gauche de mon collage parle sans doute d’une reconstruction et aussi d’une inscription. Il s’agit d’histoire, de mémoire, ce qui me hante. Comment assembler tous ces morceaux ? Je crois qu’on peut essayer d’écrire une histoire, des faits qui s’emboîtent pour former un roman. Mais évidemment aux dépens de la vérité crue. Mon collage est donc heurté, disruptif, mais tout de même cohérent il me semble.

    Ce que je vois la plupart du temps dans les collages publiés ici et là, c’est le jeu avec des paradoxes et cela semble plaire davantage qu’une construction narrative moins immédiate, plus exigeante au niveau de la lecture. Je me sens donc plus proche d’artistes qui font une peinture qui incite à la réflexion qu’un art d’esbroufe qui va toujours dans le sens du poil.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 18:59
    For the year-end holidays, I spent 10 days with my brother- and sister- in-law. It has been cold and / or bad weather, there was no TV and I got only my tablet with me.

    Fortunately, my desk was always there waiting for me along with a box of old magazines. I started making a collage after another, producing an unexpected harvest which forced me to order a portfolio folder to take the whole work to Geneva. So I arrived to a record of 503 collages in 2014!

    Before going on vacation, I had started making collages which are closer to illustration and this continued there. I like to play with a space filled with objects in weightlessness. I also used the spotlight technique or zooming in in order to magnify a character in the composition, which is in principle contrary to the likelihood. A recent example is this collage.I intend to use this process in other compositions, as this greatly boosts the figurative space. For 2015, I will continue to reserve certain collages for enlargements by scanning the pieces before gluing them. This in order to be able to exhibit some great pieces that will be real collages and not mere reproductions. I'm curious to see the results.

    As one can also see, I've hijacked - because of my findings - some pictures of noble families. It gives me always a lot of fun, and inserts me in the tradition of caricature, a just and necessary fight, in my opinion. I remain faithful to my motivation when I first got into collage: stay connected with current events while seeking new formal solutions.



    Pour les fêtes de fin d’année, j’ai passé 10 jours chez mon beau-frère et ma belle-sœur. Il a fait froid et/ou mauvais, il n’y avait pas de TV et je n’étais muni que de ma tablette.

    Heureusement, ma table de travail était toujours là à m’attendre de même qu’un carton de vieux magazines. Je me suis mis à faire un collage après l’autre, produisant une récolte inattendue qui m’a obligé à commander un porte-dessin pour emmener le tout à Genève. Je suis donc arrivé au chiffre record de 503 collages en 2014 !

    Déjà avant de partir, j’avais commencé à faire des collages plus proches de l’illustration et cela s’est poursuivi là-bas. J’aime bien jouer avec un espace peuplé d’objets en apesanteur. J’ai également utilisé la technique du coup de projecteur ou du zoom en grossissant un personnage dans la composition, ce qui est en principe contraire à la vraisemblance. Un exemple récent est le collage ci-dessus. Je compte utiliser ce procédé dans d’autres compositions, car cela dynamise fortement l’espace figuré. Pour 2015, je vais continuer à réserver certains collages pour des agrandissements en scannant les différents morceaux avant de les coller. Ceci pour pouvoir exposer quelques grandes pièces qui seront de vrais collages et non de simples reproductions. Je suis curieux de voir les résultats.



    Comme on peut le voir, j’ai détourné - à cause de mes trouvailles - quelques photos de familles nobles. Cela me procure toujours beaucoup de plaisir, et m’insère dans la tradition de la caricature, un combat juste et nécessaire, à mon avis. Je reste ainsi fidèle à ma motivation première lorsque je me suis mis au collage : rester en lien avec l’actualité tout en recherchant des solutions formelles nouvelles.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 18:24
    Committed to publish 3 collages per day during 5 days , I decided to dip into my archives ( 1999-2013 ) . On examination, I found some differences with my current work , especially in regard to years 1999-2006 :

    . they are , with rare exceptions, A4, comparing my current A3s

    . the spirit is more caustic , more cartoonish

    . they were done very quickly

    . the collages are more fragmented , the cuts are more edgy than now

    . elements that I would call "noise" (text, insignificant pieces ) are maintained while I tend to delete them currently .

    (http://archives.stephanus.com/images/collages/med/197.jpg)

    I wondered then what it means . First of all, the fact that I am retired since 2006 and I can devote all my time to creation . Before, I was creating in a hurry and I was in an anti -ad spirit and more in an anti- aestheticism. I remember when I was laughing by doing , the collage was successfully done.

    Did I become less aggressive, more suitable ?

    I do not believe so. Only I develop more slowly, I tend to tweak my collages , I often think "large format" and " content".

    What is funny is that some seem to prefer the former to current collages because they are easier to access (?), as they generally show a single visual idea not unlike a caricature. As there are a thousand at least, I think that it will allow everyone to find “their” collage (?) among the thousands that I committed .



    Devant publier 3 collages par jour pendant 5 jours, j’ai décidé de puiser dans mes archives (1999-2013). En les examinant, j’ai constaté quelques différences avec mes œuvres actuelles, surtout en ce qui concerne les années 1999-2006:

    . ce sont, à de rares exceptions près, des formats A4, à comparer avec mes A3 actuels

    . l’esprit en est plus caustique, plus caricatural

    . ils ont été fait très rapidement

    . les collages sont plus morcelés, les coupes sont plus franches que maintenant

    . des éléments que je qualifierais de « bruit » (textes, morceaux insignifiants) sont conservés alors que je tends à les supprimer actuellement.

    Je me suis demandé alors ce que signifie cette évolution. Tout d’abord le fait que je suis à la retraite depuis 2006 et que je peux consacrer tout mon temps à la création. Avant, je créais dans l’urgence et j’étais dans un esprit anti-pub et un peu dans l’anti-esthétisme. Je me rappelle que quand je riais en le faisant, le collage était réussi.

    Suis-je devenu plus sage, plus adapté ?

    Je ne crois pas. Seulement, j’élabore plus lentement, je tends à fignoler mes collages, je pense souvent « grand format » et « contenu ».

    Ce qui est rigolo, c’est que certains semblent préférer les anciens aux collages actuels, parce qu’ils sont plus faciles d’accès (?), comme ils illustrent généralement une seule idée visuelle à la manière d’une caricature. Comme il y en a un bon millier au moins, je crois que cela permettra à tout le monde de trouver son bonheur ( ?) parmi les milliers de collages que j’ai commis.
  • admin - Tuesday 24 April 2018 18:20
    he title can be read in two ways: the faces displayed in the collage and the fact it looks or faces us (Deleuze).

    In making it, I felt a very strong emotion, probably due to the manipulation of the face that is shown here. By pasting a small bust under this big head, I see the weakness of this being which is shaped by an unknown hand. I am tempted to see a religious image - not that I am a believer in any way, but by referring to Byzantine paintings whose hieratic gravity always impresses me. But also thinking about hidden persuasions (Hall) who are our daily lot. And perhaps is this the key to the image: manipulations suffered by a small child from the adult and whose memory fades in adulthood. I think back to my sojourn in the mountains, alone during six months and mistreated by Dutch "sisters" of protestant obedience, with the consent of my little "comrades", to my school whose early years were painful to me, both because of the teachers as of the other children. The discourse on manipulation through certain media seems to me a mere superstructure of those memories which have become so distant now, but violence persists.

    Making a collage allows access to deeply buried regions, provided not to indulge in games of shapes or pseudo-poetico-surreal associations. This journey to the depths of myself is precious and like in a treasure hunt, the nugget must be earned. It is not easy, you have to dig tirelessly in the hope of finding a diamond among the tons of waste. This does not mean that my other collages are worthless, but in my most intimate relationship with the work they are not located as close to the heart of the reactor that drives my creation.



    Ce titre se lit de deux manières : les visages du collage et le fait qu’il nous regarde ou fait face.

    En le faisant, j’ai ressenti une émotion très forte, sans doute due à la manipulation du visage qui est illustrée ici. En collant un petit buste sous cette grosse tête, je perçois la faiblesse de cet être qui se fait façonner par je ne sais quelle main. Je suis tenté d’y voir une image religieuse – non pas que je sois croyant d’aucune façon, mais en me référant à des peintures byzantines dont la gravité hiératique m’impressionne toujours. Mais aussi en pensant à des persuasions cachées (Hall) qui sont notre lot quotidien. Et, peut-être est-ce là la clef de l’image, les manipulations que subit un petit enfant de la part des adultes et dont le souvenir s’estompe à l’âge adulte. Je repense à mon séjour à la montagne, seul et maltraité pendant six mois par des « sœurs » hollandaises d’obédience protestante, avec le consentement de mes petits « camarades », à l’école dont les premières années me furent douloureuses, tant à cause des profs que des autres enfants. Le discours sur la manipulation à travers certains médias ne me semble qu’une superstructure de ces souvenirs si lointains maintenant, mais dont la violence persiste.



    Le collage permet un accès à des régions très enfouies, à condition de ne pas se complaire dans des jeux de formes ou d’associations pseudo-poético-surréalistes. Ce voyage au plus profond de moi-même est un trésor précieux et comme dans une chasse au trésor, la pépite se mérite. Elle ne se trouve pas facilement, il faut creuser inlassablement dans l’espoir de trouver un diamant parmi les tonnes de déchets. Cela ne veut pas dire que mes autres collages ne valent rien, mais dans ma relation la plus intime à l’œuvre elles ne se trouvent pas aussi près du cœur du réacteur qui anime ma création.