Stephanus art gallery

Collages and photos

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  • admin - Tuesday 19 May 2015 17:30
    See my video: https://www.facebook.com/berni.stephanus/videos/1071371806224605/

    Ruins
    I sometimes wonder what is the point of making collages day after day. And it's hard to respond. On a general level, I would say, by referring to Serge Tisseron, it is an attempt to appropriate a sea of images that overwhelms me. On a more personal level, I think it is a way to trace the images embedded in my memory or a combination described in the Freudian interpretation of dreams. The collages that comment our world are also an important part of my work. Indeed, I frequently see around me a certain youth not interested in what our generation would pass, and seems not to want another "history" than its own, arguing that anyway, we missed everything and it is better to make a clean sweep. It is this breaking idea that inspired me this collage. Besides, in my collages, all images are equal, whether a reproduction of a painting, a field of ruins, a mountain scape, a person or an ad. It is in their interaction that raises a new sense, by their juxtaposition. But it is indeed a broken mirror and one would look in vain for a similar image as the Raft of the Medusa or the Liberty Leading the People e.g. The movie only seems to give the same coherence, provided to enter time in the reading of the image. Besides, I try myself to include zooming or traveling in some of my pictures in order to boost reading. The present collage is a little melancholic, it deals with human folly: the wick is already lit and the last animal disappears into the pile of rubble. Fortunately, the mountain seems eternal blue skies, even if it raises and sometimes reverses as in Nepal.

    Ruines

    Je me demande parfois à quoi cela sert de faire des collages jour après jour. Et il m’est difficile d’y répondre. Sur un plan général, je dirais, en me référant à Serge Tisseron, qu’il s’agit d’une tentative d’appropriation d’une mer d’images qui me submerge. Sur un plan plus personnel, j’estime qu’il s’agit d’un moyen de faire remonter des images enfouies dans ma mémoire ou d’une combinatoire freudienne décrite dans l’interprétation de rêves. Les collages qui commentent notre monde constituent aussi un volet important de mon travail. En effet, je vois fréquemment autour de moi une certaine jeunesse peu friande de ce que notre génération souhaiterait transmettre, et qui semble ne pas vouloir d’autre « histoire » que la sienne, au prétexte que de toute façon, nous avons tout raté et qu’il est donc préférable de faire table rase. C’est cette idée de coupure qui m’a inspiré le présent collage. D’ailleurs, dans mes collages, toutes les images se valent, que ce soit une reproduction d’une peinture, un champ de ruines, un paysage de montagne, une personne ou une pub. C’est dans leur interaction que naît un sens nouveau, par leur juxtaposition. Mais il s’agit bien d’un miroir brisé et on chercherait en vain une image similaire au Radeau de la Méduse ou de La Liberté guidant le Peuple par ex. C’est le cinéma qui me semble donner une cohérence, à condition de faire entrer la durée dans la lecture de l’image. Du reste, j’essaye moi-même de donner des coups de zoom ou de travelling dans certaines de mes images pour en dynamiser la lecture. Le présent collage est un peu mélancolique, il constate la folie des hommes : la mèche est déjà allumée et le dernier animal disparaît dans le tas de gravats. Heureusement, la montagne semble éternelle sous le ciel bleu, même si elle se soulève et se renverse parfois comme au Népal.
  • admin - Tuesday 5 May 2015 17:15
    A dream
    A dream on one of my collages: Actually the person on the train that plunges into a tunnel is going to Auschwitz. When I awoke I wondered if there was not a child in my family who has suffered deportation in 1943 and whose fate was hid from me.

    I was troubled, but on reflection this picture reminds me of my own train trip to Switzerland in 1947. The train going into the tunnel would be a hint. But the key to the image is probably the apparent indifference of my parents. I do not think they were really indifferent to my two stays (Bavaria and Switzerland), but I do not remember that I heard WORDS on how much this separation was painful (?) for me and for them. That is why they are there like ancient gods, indifferent to what happens to humans, although Zeus is still concerned with his offspring just like my father whose love to me is certain. But he kept silence on this episode. And this silence weighs still on me.
    But, it’s the first time in my life that one of my dreams literally comments one of my works!

    Un rêve sur un de mes collages : En fait la personne sur le train qui s’enfonce dans un tunnel va à Auschwitz. En m’éveillant je me suis demandé s’il n’y avait pas un enfant dans ma famille qui aurait subi une déportation en 1943 et dont le sort m’aurait été caché.

    Cela m’a beaucoup troublé, mais à la réflexion cette image me rappelle mon propre voyage en train vers la Suisse, en 1947. Le train qui s’enfonce dans le tunnel en serait l’illustration. Mais c’est sans doute l’apparente indifférence de mes parents qui constitue la clef de l’image. Je ne pense pas qu’ils aient vraiment été indifférents à mes deux séjours (Bavière, puis la Suisse), mais je ne me rappelle pas qu’on m’ait EXPRIME en paroles combien cette séparation fut douloureuse (?), pour moi comme pour eux. C’est pourquoi ils sont là comme de dieux antiques indifférents à ce qui arrive aux humains, encore que Zeus se préoccupe encore de ses rejetons tout comme mon père dont l’amour à mon égard est certain. Mais il est muet sur cet épisode. Et ce silence me pèse encore.

    Mais c’est la première fois de ma vie qu’un de mes rêves commente littéralement une de mes œuvres !
  • admin - Tuesday 28 April 2015 14:52
    See the video on my fb page: https://www.facebook.com/berni.stephanus
  • admin - Thursday 16 April 2015 23:41
  • admin - Thursday 16 April 2015 23:39
    see the video of the elaboration:
    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1053723554656097&set=p.1053723554656097&type=1

    Video


    It has been several weeks since I've written anything, especially because the videos made during the elaboration of collages took me some time. But I see there a good way to show how I work, so I persist. Sometimes a collage is done in 2-3 moves, sometimes it follows a complicated journey with many twists and turns that are invisible in the final collage. I love one as much as another, perhaps with a preference for the difficulty and risk. Unlike my younger years, it doesn’t make me afraid of "getting lost" in an image.

    Thus the video of collage 166/2015 which came from two joint images that were not going well together and that were completely or partially covered to finally become strange and even fantastic. What I wanted to show is that, despite a "missed" beginning, there is always a way to get out and create a consistent and eloquent image. The difference with a collage resulting from 2-3 gestures is more complex, as here, collage I imagine as a very large canvas despite the smallness of it. As there are several layers, the image can be read in depth and in time and that's where the video is valuable because it sheds light on the decisions taken, the many bifurcations both in form and meaning.



    Cela fait plusieurs semaines que je n’ai rien écrit, surtout parce que les vidéos faites de l’élaboration des collages m’a pris beaucoup de temps. Mais j’y vois un bon moyen de montrer comment je travaille, c’est pourquoi je persiste. Quelquefois le collage se fait en 2-3 mouvements, parfois il résulte d’un cheminement compliqué avec de nombreux rebondissements qui sont invisibles dans le collage final. J’aime autant l’un comme l’autre, peut-être avec une préférence pour la difficulté et la prise de risque. Contrairement à mes plus jeunes années, cela ne me fait plus peur du tout de « m’égarer » dans une image.

    Ainsi la vidéo du collage 166/2015 qui partait de deux images accolées qui n’allaient pas bien ensemble et qui au fur et à mesure ont été complètement ou partiellement recouvertes pour devenir étrange voire fantastique. Ce que j’ai voulu montrer, c’est que, malgré un début « raté », il y a toujours un moyen pour m’en sortir et créer une image cohérente et parlante. La différence avec un collage résultant de 2-3 gestes est une complexité plus grande, comme ici, collage que j’imagine comme une très grande toile malgré la petitesse de celui-ci. Comme il y a plusieurs couches, l’image peut se lire en profondeur et dans le temps et c’est là que la vidéo est précieuse, car elle éclaire les décisions prises, les nombreuses bifurcations tant au niveau de la forme que du sens.