Stephanus art gallery

Collages and photos

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  • admin - Monday 6 November 2017 23:14
    Ce collage au titre intraduisible met en scène 2 personnages. L’un est âgé, il se tient devant des tas de billets, mais il semble accablé. A y regarder de plus près, on voit qu’il déjà sous terre. L’autre personnage était à l’origine une partisane russe tenant un fusil avec une baïonette. Au cours de mon élaboration, j’ai éprouvé de l’insatisfaction parce que le lien entre révolution et argent était trop peu parlant à mes yeux. C’est en cherchant que j’ai trouvé ce balai qui par ailleurs ressemble à un gros pinceau de peintre et qui m’a rappelé le tableau de Goya. Le balai, au sens premier, c’est pour faire le ménage dans le monde de la finance (cf. les Paradise papers), mais dans un sens plus métaphorique, c’est la faux de la mort qui balaie tout le monde, y compris les riches qui croient pouvoir survivre en s’accrochant aux biens – plus ou moins bien acquis – en oubliant la mort qui est notre destinée à tous. Il y a, bien sûr, un peu d’humour dans cette image, quand on pense à la Russsie d’aujourd’hui ; le grand coup de balai de la révolution d’octobre a abouti, 100 ans après, à des oligarques qui se sont enrichis avec les raclures de ce qui restait à l’effondrement du communisme.

    Goya, Les vieilles:https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8d/El_Tiempo%2C_Francisco_de_Goya.jpg

    Voici, pour le Goya, une citation tirée de Wikipédia :

    « Dans un clair-obscur, deux vieilles femmes, cadavériques, l’une assise, l’autre lui murmurant à l’oreille, sont au premier plan tandis qu’au fond un homme ailé, torse nu, est muni d’un balai avec lequel il est sur le point de les balayer.

    La femme assise est habillée de blanc, très soignée ; elle observe un dessin d’elle miniature, alors que la seconde lui tend un miroir au dos duquel est écrit « Que tal ? » « Comment ça va ? » et qui fonctionne comme une bande-dessinée, technique déjà employée par le peintre dans Los Caprichos. Il s’agit vraisemblablement d’une noble - la Reine, avance le palais des beaux-arts - et de sa servante, obsédées par leurs apparences respectives jusqu’au seuil de la mort, peaufinant un maquillage posé sur un corps croulant alors que Chronos, en fond, est sur le point de les frapper. » (Wikipedia)



    This collage with an untranslatable title* features two characters. One is old, he stands in front of piles of banknotes, but he seems overwhelmed. If you look closer, you can see that he is already underground. The other character was originally a Russian partisan holding a rifle with a bayonet. During my work on this collage, I felt dissatisfied because the connection between revolution and money was not clear enough for me. It was while searching that I found this broom which also looks like a big painter's brush and which reminded me of Goya's painting. The broom, in the first sense, is to clean up the world of finance (see the Paradise papers), but in a more metaphorical sense, it is the scythe of death that sweeps everyone, including the rich who believe they can survive by clinging to goods - more or less well acquired - forgetting that death is our common destiny. There is, of course, a bit of humor in this picture, when one thinks of today's Russsia; the great sweep of the October revolution led, 100 years later, to oligarchs who enriched themselves with the scrapings of what remained from the collapse of communism.
    Here is, for the Goya, a quote from Wikipedia:
    "In a chiaroscuro, two old women, cadaverous, one sitting, the other whispering in her ear, are in the foreground while at the bottom a winged man, shirtless, is equipped with a broom with which he is about to sweep them away.
    The seated woman is dressed in white, very neat; she observes a drawing of her miniature, while the second gives her a mirror on the back of which is written "Que tal? " " How are you ? " and which works as a comic, technique already used by the painter in Los Caprichos. It is likely a noble - the Queen, according to the Palace of the Fine Arts - and her servant, obsessed by their respective appearances till the threshold of death, polishing a makeup on a crumbling body while Chronos, in the background, is about to hit them. »(Wikipedia)
  • admin - Wednesday 9 August 2017 11:55
    Suffering
    Je n’ai connu la souffrance de la maladie qu’à partir de mes 70 ans. Mon enfance a été protégée de la maladie à l’exception de quelques fièvres, surtout de celles que je provoquais par une sorte d’autosuggestion pour ne pas aller à l’école. La vue du tuberculeux qui crachait du sang dans la rue, les estropiés de la guerre ne me touchaient pas. Je vivais dans un monde imaginaire et protégé avant tout. Mes parents n’étaient jamais malades et ne se plaignaient que très rarement. Mes grands-parents étaient tous morts depuis longtemps, je n’avais donc pas vu leur déchéance. Cela ne m’a pas épargné certaines souffrances d’ordre psychique, mais je n’ai vu de cancéreux que très tard dans ma vie. C’est à l’hôpital où j’ai été opéré pour une tumeur au rein que j’ai véritablement vu de grands malades. Et lorsque, 5 années plus tard, je suis revenu dans le même service pour une nouvelle opération, j’ai compris ce qu’était la souffrance physique ET morale. De surcroît, je viens de passer une dizaine de jours auprès d’une personne atteinte d’un cancer assez avancé, qui subit une chimiothérapie aux effets douloureux, ravageurs à tous les niveaux, et passe de l’espoir au découragement, puis reprend espoir et ainsi de suite. J’ai exprimé cet état d’esprit en une série de collages assez sombres qui m’ont servi sans doute de soupape. Et c’est avec ce collage fait à mon retour que je résume en quelque sorte la situation : une barque à même le sol dans une grotte obscure avec une lueur au fond. Cette dernière pourrait signifier l’espoir ou l’issue fatale vers un ailleurs. Comment comprendre ce qui se passe dans les ténèbres de l’esprit du malade alors que je me trouve du côté de la lumière du jour ?

    I only experienced the suffering of a disease when I was 70 years old. My childhood was protected from the disease apart from a few fevers, especially those I caused by a kind of autosuggestion not to go to school. The sight of the tuberculous man who spat blood in the street, the cripples of war did not touch me. I lived in an imaginary world and protected above all. My parents were never sick and complained very rarely. My grandparents had all died long ago, so I had not seen their fall. That did not spare me some psychological suffering, but I did not see cancer until very late in my life. It was at the hospital where I was operated on for a tumor in the kidney that I really saw very sick people. And when, five years later, I returned to the same department for a new operation, I understood what physical AND moral suffering was. In addition, I have just spent about ten days with a person with advanced cancer, who undergoes painful chemotherapy, destructive at all levels, and passes from hope to discouragement, then regains hope and so on. I expressed this state of mind in a series of dark collages which doubtless served me as a valve. And it is with this collage done on my return that I summarize in a way the situation: a boat on the ground in a dark cave with a glimmer in the background. The latter could mean hope or a fatal outcome to another level. How can we understand what is happening in the darkness of the patient's mind when I am on the side of daylight?
  • admin - Saturday 1 July 2017 11:05
    A première vue, c’est un collage un peu nostalgique : une silhouette se découpe sur le fond comme le fantôme d’un amour – à moins qu’elle évoque une présence... Et ce lapin bleu qui porte ostensiblement cette déclaration imprimée sur son sac : love me tender – sans doute une citation de la chanson d’Elvis qui est une demande d’amour. Il a la tête dans les nuages et ses yeux sont tournés vers l’intérieur. De toute façon, l’amour est aveugle et les souvenirs vagues. Heureusement, il y a ce personnage ricanant qui moque ces chansonnettes ! Reste la promesse d’une éclosion future, d’une nouvelle histoire figurée par les œufs. Ce qui est drôle ici, c’est que mes condisciples m’appelaient Bunny après avoir lu un texte anglais ayant pour héro un lapin – j’avis 8-9 ans – sans doute à cause de la ressemblance entre Berni et Bunny. Ce serait donc moi ce lapin grotesque en habit de Monsieur Loyal avec son panier d’œufs sur lit de foin. Mes grands yeux voient le monde, mais sont essentiellement tournés vers l’intérieur, vers la création. Mais je ne suis pas seul, je suis accompagné d’un être aimé qui favorise l’éclosion de l’art, mais reste discrète. Ce serait donc ça le sens de cette image, une déclaration d’amour. Mais il se peut encore que le véritable sens de ce collage ne soit un appel au public , l’artiste voulant être aimé pour ce qu’il lui apporte, tout en sachant combien cette demande est vaine.

    At first glance, it is a nostalgic collage: a silhouette is cut out on the background like the ghost of a loved person - unless it evokes a presence ... And this blue rabbit that ostensibly wears this statement printed on his bag: love me tender - undoubtedly a quote from the Elvis song that is a request for love. He has his head in the clouds and his eyes are turned inward. In any case, love is blind and memories are vague. Fortunately, there is this sneering character who mocks these songs! Remains the promise of a future blossoming, of a new story represented by the eggs. What is funny here is that my classmates called me Bunny after reading an English text with a rabbit as a hero - I was 8-9 years old - probably because of the resemblance between Berni and Bunny. So it would be me this grotesque rabbit in Monsieur Loyal's coat with his basket of eggs on hay bed. My big eyes see the world, but are essentially turned towards the interior, towards creation. But I am not alone, I am accompanied by a loved one who favors the emergence of art, but remains discreet. So that would be the meaning of this picture, a love declaration. But it may be that the true meaning of this collage is an appeal to the public, the artist wanting to be loved for what he brings to him, knowing how vain is the call.
  • admin - Tuesday 27 June 2017 16:31
    This collage owes much to the photographer Sébastien Meyer.
  • admin - Thursday 18 May 2017 10:37
    Gender study

    C’est une image d’apparence simple au premier regard, puisqu’elle part d’une photo de mode figurant un homme et une femme. A y regarder de plus près, je constate que, sans sa tête explicitement féminine, le corps lui-même est sexuellement neutre, ce que je n’avais pas vu consciemment en commençant le collage. Mais en y mettant une tête nettement masculine, l’ambiguïté sexuelle devient apparente. Cette tête elle-même est une composition hybride à partir de fruits, de champignons etc. C’est pourquoi elle s’allie si bien à ce corps androgyne. L’autre personnage n’est là que pour renforcer l’énigme : que fait-il là ? Quelle est sa relation à ce personnage hétéroclite souriant malgré sa condition éphémère (les fruits vont se détériorer) ? Mais, malgré tout, point de gravité ici, au propre comme au figuré, l’image reste sereine. Sans doute aussi parce que je fais des transitions moins abruptes dans mes compostions, ce que j’évitais dans le passé par peur d’aboutir à une image surréaliste, je voulais rester disruptif, à l’instar du cubisme, ne pas faire une image « léchée » à la Dali dont l’esthétique traditionnelle ne me convient pas pour mes collages. Ici, malgré des cassures, mais grâce à des transitions moins heurtées, l’image séduit le regard pour l’éconduire et l’inviter à explorer différents aspects de la composition, comme l’espace, les rapports de grandeur, la psychologie des personnages, le jeu des transitions etc.

    It is an image, at first look, of simple appearance, since it starts from a fashion photograph depicting a man and a woman. Looking closer, I find that without its explicitly feminine head, the body itself is sexually neutral, which I had not consciously seen when starting the collage. But by putting a clearly masculine head on it, sexual ambiguity becomes apparent. This head itself is a hybrid composition from fruits, mushrooms and so on. That is why it is a good match to this androgynous body. The other character is there only to reinforce the riddle: what is he doing there? What is his relation to this heterogeneous character who is smiling despite his ephemeral condition (the fruits will deteriorate)? But, despite everything, there is no seriousness here, in the proper as in the figurative, the image remains serene. Without doubt also because I make less abrupt transitions in my compositions, which I avoided in the past for fear of arriving at a surrealist image, I wanted to remain disruptive, like Cubism, not to make a glossy picture à la Dali whose traditional aesthetics does not suit me for my collages. Here, despite breaks, but thanks to less brutal transitions, the image seduces the eye in order to discourage it and invite it to explore different aspects of composition, such as space, relationships of size, psychology of the characters, the play of transitions, etc.
  • admin - Wednesday 17 May 2017 09:48
    Walls

    Ce collage à l’aspect décousu mérite quelque investigation. La division horizontale de l’image se fait par la chute d’eau et les murs. D’un côté l’enfant qui essaie de voir et de l’autre les adultes dans la fosse. Leur taille surdimensionnée est soulignée par les autres personnages, beaucoup plus petits. On pourrait imaginer que l’enfant veut jeter un regard sur le monde des adultes qui lui est caché. Ou encore qu’il s’agit de personnes du passé, enterrées, qui le hantent. Mais alors, les grimpeurs, à gauche, seraient en train de ressusciter. Et l’eau qui descend figurerait le mouvement inverse. Je ne sais pas. Je m’y perds. Car il y a encore un mouvement d’avant en arrière, figuré par le chemin (?) qui va vers l’horizon et son point de fuite, et d’arrière en avant, quand on regarde les marcheurs qui vont buter sur la muraille du premier plan. La paroi de gauche fait écho à un autre collage « The Ark » qui figurait une paroi semblable mais en tant que bateau. Cela suggère une scène de fin du monde, avec tout ce que cela comporte de drames. J’aime bien cette interprétation, car elle explique l’eau qui descend du ciel et qui remplit la fosse. A droite, le monde est encore intact, bien que les gens semblent avoir compris la menace, alors qu’à gauche, ils luttent déjà pour leur survie. Et l’arche elle-même me semble peu apte à naviguer sur les flots. Illusion d’échapper au désastre ?

    This collage which seems to be chaotic deserves some investigation. The horizontal division of the image is made by the waterfall and the walls. On one side the child who tries to see and on the other the adults in the pit. Their oversized size is underlined by the other characters, who are much smaller. One could imagine that the child wants to take a look at the adult world that is hidden from him. Or that they are people of the past, buried, who haunt him. But then, the climbers, on the left, would be resurrecting. And the water that descends would be the reverse movement. I do not know. I am confused. For there is still a movement back and forth, represented by the path (?) which goes towards the horizon and its vanishing point, and from back to front, when one looks at the walkers who are going to be stopped be the wall in the foreground.

    The left wall echoes another collage "The Ark" that featured a similar wall but as a boat. This suggests a scene from the end of the world, with all that entails dramas. I like this interpretation because it explains the water that comes down from the sky and fills the pit. On the right, the world is still intact, although people seem to have understood the threat, while on the left, they are already fighting for their survival. And the ark itself seems unlikely to navigate the waves. Illusion of escaping disaster?
  • admin - Wednesday 6 January 2016 21:02
    It's Eric Winarto's now.
  • admin - Wednesday 6 January 2016 13:52
    SOLD
  • admin - Wednesday 6 January 2016 13:52
    SOLD
  • admin - Monday 9 November 2015 23:06
    This title is ironic, because it refers to the idea that my parents and my brother had of it. My father was afraid that I would be unable to make a living of my art. So he did everything to keep me from going to an art school. My brother was dying of jealousy by imagining a bohemian life on the theme: Wein, Weib und Gesang = Sex and Drugs and Rock and Roll. So he worked secretly to sabotage me financially.

    And despite all these obstacles, my bohemian life had good sides (parties, love affairs ...) and I took advantage. But it did not last long. I had to make a living other than by painting and it is only during the holidays I felt really free, but not as much since my retirement. Since ten years, I bask as the artist of my collage, happy to have achieved my dream of adolescence: create and dream freely. Of course at almost 75 now and the aforementioned triad is softened, but somehow I am not fundamentally rock and roll, except in my head, so no regrets, except for being so misjudged by my family and having been unable to successfully cause a frank explanation and have had to work in secret, too, to go to the art school.

    Am I really like the artist in my collage? It is true that I am often lounging on the couch, that I love listening to music and especially that I have a wife who supports me and who is dear to me - this collage cannot lie, it is supposed to express what moves and touches me. A rare moment in an artist’s life. (https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/WeinWeibUGesang.jpg/330px-WeinWeibUGesang.jpg)

    Ce titre est ironique, car il se réfère à l’idée que s’en faisaient mes parents et mon frère. Mon père craignait que je sois incapable de gagner ma vie. Il a donc tout fait pour m’empêcher d’aller dans une école d’art. Mon frère, lui, crevait de jalousie en m’imaginant mener une vie de bohème sur le thème : Wein, Weib und Gesang = Sex and Drugs and Rock and Roll. Il a donc œuvré en secret pour me saboter financièrement.

    Et malgré tous ces obstacles, ma vie de bohème avait de bons côtés (les fêtes, les amours…) et j’en ai bien profité. Mais elle n’a pas duré longtemps. J’ai dû gagner ma vie autrement qu’en peignant des tableaux et ce n’est que pendant les vacances que je me sentais vraiment libre, mais pas autant que depuis ma retraite. En effet, depuis dix ans, je me prélasse comme l’artiste qui figure sur mon collage, heureux d’avoir réalisé son rêve d’adolescence : pouvoir créer et rêver sans entraves. Bien sûr qu’à presque 75 ans, la triade susnommée s’est adoucie, mais de toute façon je ne suis pas foncièrement rock and roll, sauf dans ma tête, donc pas de regrets, sauf celui d’avoir été si mal jugé par ma famille et d’avoir été incapable de réussir à provoquer une explication franche et d’avoir dû œuvrer en secret, moi aussi, pour aller aux Beaux-Arts.



    Suis-je vraiment comme l’artiste de mon collage ? Il est vrai que je me prélasse bien souvent sur le canapé, que j’aime écouter de la musique et surtout que j’ai une épouse qui me soutient et qui m’est chère – ce collage ne ment donc pas, puis qu’il est censé exprimer ce qui me meut et émeut. Un moment rare de la vie d’artiste.