Stephanus art gallery

Collages and photos

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  • admin - Thursday 17 January 2019 11:37
    Un thème récurrent chez moi : l’enfant-roi cruel. Je me suis interrogé si j’ai été, moi aussi, un tel petit monstre. Ne trouvant pas trace dans ma mémoire, je me dis que c’est un effet bienfaisant de ma mémoire sélective ou qu’en effet, j’ai plutôt été victime que bourreau, surtout que mon frère remplissait déjà parfaitement ce rôle . Ce n’est qu’à partir de mon adolescence que j’arrive à trouver des traces de divers forfaits peu glorieux. Voilà pour le background personnel. Je trouve cette image bien expressive, à contre-courant des bébés présentés par la pub. La déformation du visage par la rage, l’indifférence par rapport à l’effet produit et aux conséquences de l’acte cruel, la jouissance aveugle, tout cela me semble correspondre à la réalité. Sauf qu’ici, la violence ne s’exerce que sur des jouets – il est vrai que je leur ai donné un peu de vie, à l’instar de l’adulte sur la droite qui provient de mes lectures d’E.T.A. Hoffmann et autres contes de mon enfance.
    Comme dans de nombreux collages de format A3 et plus, le fait d’utiliser une double page magazine induit une dualité entre le côté gauche et droit, comme dans des peintures opposant enfer et paradis, à la différence que l’enfer n’est plus dans les entrailles de la terre, mais bien parmi nous.
  • admin - Wednesday 16 January 2019 10:05
    Sur la cohérence de l’image.
    J’entends par cohérence une logique formelle et de contenu comme pour un film, un clip, une chanson etc. (Le contraire serait le chaos). Il est vrai que cette cohérence a été mise à mal par les mouvements du début du 20e s. Mais il me semble que, souvent, son absence est due à un manque de relecture et de correction comme cela se fait pour un livre par ex. En ce qui me concerne, je me pose toujours la question de la cohérence tout en flirtant avec son contraire. En fait, j’essaie de combiner des éléments qui ont du mal à s’assembler, surtout au niveau spatial. L’effet produit est un langage poétique qui est, cependant, relié au langage que tout le monde utilise. C’est une recherche qui me semble universelle, mais qui exige beaucoup de rigueur. Or le collage peut induire de la paresse, pousser à se satisfaire trop vite du résultat. On m’objectera que je suis mal placé pour prêcher la lenteur, mais je dirai que je compense une plus longue durée d’élaboration par l’intensité avec laquelle je crée et par ma vigilance quant à la cohérence de l’image. Je n’y arrive pas tous les jours, mais j’y travaille image après image. Autrement dit : mes collages ne sont pas toujours à la hauteur de mon ambition car je bute contre mes propres limites, mais pour aboutir à une œuvre cohérente, je me mets tous les jours à ma table de collage pour éprouver ma capacité d’inventer une image nouvelle. C’est ce que fait tout créateur digne de ce nom.
  • admin - Tuesday 15 January 2019 08:59
    C'est de l'humour par rapport au pessimisme ambiant quant à la disparition des espèces. L'hippo est un dernier avatar de la biosphère tout comme ce pape qui ne représente plus rien, tel un dieu qui regarde le désastre qu'est devenu sa création.
  • admin - Monday 14 January 2019 11:32
    J’ai fait plusieurs collages sur le thème de la maladie et des soins médicaux et celui-ci constitue, pour le moment, une sorte de synthèse. De manière générale, la peinture ne s’est que rarement intéressée à la maladie, ni au malade et à ses états d’âme. Et pourtant, quelle mine de sensations et de situations n’avons-nous pas là ! Quand j’étais enfant, lors de certaines fièvres intenses, j’avais des hallucinations comme les figures de la tapisserie qui s’animent ou moi-même m’élevant de mon lit pour flotter sous le plafond et voyant mon lit tout en bas. Dans ma décennie actuelle, j’ai subi une opération qui m’a fait régresser vers un état où je me sentais perdu, démuni, bref comme un enfant.
    Dans cette image, j’ai tenté d’illustrer cet état. Il y a, dans la partie gauche, la manipulation du corps du malade qui semble rétrécir au fur et à mesure des gestes médicaux. Et de l’autre côté, par une ligne de partage qui traverse le corps couché, la partie invisible, ce qui se passe dans la tête du malade : il pense à la mort, à sa compagne éplorée, en regardant par la fenêtre, il perçoit un monde fantastique, inquiétant. Mais tout converge vers sa tête où tout se joue, c’est la partie la plus préservée du malade : son œil voit tout, son cerveau enregistre tout, malgré sa passivité apparente.
    Le plus surprenant est que je me rappelle tout cela, mais que j’ai oublié la chronologie des jours et des heures, ce que j’ai pu dire et faire tel jour, comme si le fait d’être dans une chambre d’hôpital avait fait disparaître le temps au bénéfice des sensations et des sentiments. C’est donc sous une forme métaphorique que resurgissent ces souvenirs, à l’occasion d’une photo vue dans un magazine, pendant l’élaboration de ce collage où l’image apparaît petit à petit dans sa plénitude. Et, comme toujours, je suis surpris, presque dérangé par le résultat final : le geste de l’infirmière est-il brutal ? Est-elle en train de rabattre le linceul ? Le malade est-il vivant ou mort ? La partie en noir et blanc figure-t-elle un enterrement ? A qui appartient ce morceau de chair ocre – au malade ou à la personne qui se penche sur lui ? Et que font les pieds et les jambes en l’air ? Des mystères que je ne veux pas, ne peux pas dissiper. L’image reste une énigme, un rébus pour moi-même et de ce fait me fascine encore et encore.
  • admin - Wednesday 9 January 2019 09:51
    Ce qui est surprenant, c'est que ce genre d'autoportrait d'est fait sans voir le résultat préalablement sur le display, c'est donc
    en aveugle, comme à l'époque de la pellicule.
  • admin - Monday 10 December 2018 22:51
    La création, avec un créateur malhabile, engoncé dans son univers qu’il essaye d’arranger comme il peut. L’homme est déjà là, mais il lui manque la tête, comme encore de nos jours, il me semble. Je me suis vaguement laissé (em)porter par des souvenirs peu précis de miniatures carolingiennes et des œuvres de W. Blake. C’est en tout cas ce qui me semble après coup. Je pense aussi aux rouleaux sacrés de la Torah, à Caïn, bref j’ai des tas d’associations maintenant que l’image est achevée. Pendant que je travaillais, je ne pensais qu’à réussir la composition qui est partie de l’idée d’un personnage pris dans cette mosquée ou qui en sort ou encore qui fait corps avec. Ses bras aux mains malhabiles peuvent également signifier son effort d’en sortir, de se libérer de tout cela, car comment puis-je moi-même sortir de mon propre univers ?
    Réponse : en créant sans cesse de nouveaux, différents.
  • admin - Monday 19 November 2018 15:11
    La vie d’artiste
    Ce titre reprend une remarque qui m’a été faite dans les années 60 par l’officier d’état civil que j’étais venu voir pour l’obtention d’un permis de travail. J’avais alors deux enfants en bas âge à ma charge et je travaillais au noir comme manœuvre dans une imprimerie Bref, ma vie n’était pas rose à l’époque, je risquais l’expulsion de Suisse avec ma fille âgée d’un an et tirais le diable par la queue. L’avocat en charge de mon dossier avait fait valoir mes études d’art et la contribution ( !) que j’allais faire à la vie artistique du pays. Sans me demander quoi que ce soit, ce fonctionnaire m’apostropha d’un : C’est fini la vie d’artiste ! Je suis resté muet, mais une fois sorti des bureaux, j’ai poussé un cri de rage. Cette humiliation est restée gravée en moi et pendant longtemps j’en ai voulu aux autorités helvétiques pour leur manque d’humanité. Par chance, j’ai pu dénicher un job de prof d’allemand hors contingent (pas besoin d’une autorisation spéciale pour pouvoir travailler) et je donnais, après mon pensum à l’imprimerie, des cours de langue à des adultes. Cela a été le début de mon activité d’enseignant et l’obtention finalement du permis de séjour.
    Le collage montre une vue idyllique de cette vie d’artiste que je n’ai pas connue sous cette forme. Pendant que Madame met la nappe et les assiettes pour un déjeuner sur l’herbe, l’Artiste peint, non sans surveiller la scène. Les enfants regardent au loin, ils vivent leur vie de garçon et de fille et alentour règne un joyeux charivari. Ce que font les papous là-dedans, je n’en sais rien. Est-ce la fameuse part sauvage qui survit en nous ou la menace qui plane sur ce bonheur où tout le monde semble vivre en parfaite harmonie ? En ce qui me concerne, cela n’a pas manqué d’arriver d’ailleurs. Heureusement, on a droit à plusieurs essais…
  • admin - Tuesday 2 October 2018 17:07
    Ce collage fait penser à des peintures du passé figurant le paradis terrestre, mais à y voir de plus près, on découvre qu’il s’agit d’un massacre d’animaux sur fond de civilisation moderne. Et le personnage hybride semble faire partie des victimes bien qu’il émerge d’une plage urbanisée. La lumière qui tente d éclairer cette scène reste bien faible et le personnage qui la tient est enfant de ténèbres. Et que dire du rêveur tout à gauche ? Sans doute qu’il préfère ne pas voir. J’éprouve de la mélancolie à contempler cette image. Elle me rappelle les contes de mon enfance où humains et animaux se parlaient encore, dans un monde cruel mais cohérent, mais avec des happy ends plausibles. Aujourd’hui, j’ai l’impression que le mode est désenchanté et qu’il se dépeuple au fur et à mesure que les humains croissent et se multiplient. Et que peut faire une faible lumière dans tout cela ?
  • admin - Sunday 23 September 2018 18:33
    Il est venu comme ça avec le pot cassé. Et avec un souvenir de ma belle-sœur qui s’est suicidée une nuit après avoir préparé soigneusement la table du petit déjeuner pour mon frère et leur enfant adopté. Mais j’ai également voulu montrer que dans les intérieurs impeccables des gens aisés de ce pays se déroulaient autant de drames qu’ailleurs. Et ily y a également une pointe d’humour dans tout cela en remettant la sculpture de M. Cattalan dans un contexte bourgeois et fleuri.
  • admin - Saturday 25 August 2018 18:49
    Ici encore, tout s'emmêle: l'humain et l'animal comme des apparitions goyesques qui s'avancent vers moi. Mais ils ne sont pas menaçants . Je pense plutôt aux adultes vus à l'aéroport d'Orlando (il y a 30 ans) qui arborent des oreilles de Mickey sur leur tête. Mais aussi à l'imposture de tant de personnages que je vois - des masques, des poses, des ânes. Je leur ai mis le fameux bonnet d'un animal injustement qualifié de stupide et qui bien plus de jugeote qu'eux. La barre devant le front symbolise naturellement le caractère borné, obtus qu'on rencontre bien trop souvent.