Stephanus art gallery

Collages and photos

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  • admin - Friday 5 July 2019 08:42
    Jardin
    L’ajustement reste ma préoccupation majeure dans le collage. C’est le véritable moteur de l’image par l’effet de surprise qui se crée quand deux morceaux du puzzle s’ajustent parfaitement pour créer un nouvel ensemble. J’ai parlé de greffes, de sutures, mais ces mots me parlent moins aujourd’hui. Le mot qui me vient à l’esprit aujourd’hui est « fluidité ». Les bouts d’images s’assemblent pour former un tout harmonieux et les traces de l’assemblage que sont perçues point comme des obstacles. Évidemment, les images tendent donc vers une harmonisation à dominante sombre (Caravaggio, Rembrandt, Goya) ou claire (Watteau, les Impressionnistes), mais je n’ai pas l’impression d’y perdre en expressivité. Dans mes paysages, je pense à la manière dont R. Walser décrit ses pérégrinations (Reisebericht), où tout est en mouvement grâce à sa pensée attentive à tout. Dans un récent collage, j’ai fait le bilan de mes années « jardin » en évoquant le jardin Majorelle de Marrakech qui m’avait littéralement ouvert les yeux sur la splendeur des couleurs. J’avais, de manière répétée, essayé d’évoquer ce souvenir en mélangeant peinture et collage. Mais c’est cette fois-ci que j’ai le sentiment d’avoir pu « coller » à mon souvenir et mes sensations d’alors. En revoyant mes tentatives des années 1999-2000, j’ai pu constater combien je n’avais pas réussi à faire régner la fluidité partout dans le tableau et que, de ce fait, celui-ci tombait littéralement en pièces. Une autre préoccupation, beaucoup plus facile à réaliser, c’est la variété des sujets de mes collages. Bien sûr, certains sujets sont récurrents, mais je me permets des excursions du côté des surréalistes, expressionnistes, cubistes, baroqueux etc. selon la photo qui est mon point de départ. Alors que je recherche avant tout des doubles pages, je m’amuse ces temps à faire des doubles pages à partir de deux pages différentes, mais qui peuvent s’harmoniser quand même car ne faut-il point toujours rechercher de nouveaux défis au lieu de se borner d’encaisser la rente de ses anciennes trouvailles ?
  • admin - Tuesday 12 February 2019 17:26
    L’image de l’ange pris dans les ruines m’est venue quasi immédiatement. La tour en feu me fascine, sans que je sache pourquoi. Je soupçonne un souvenir visuel très ancien associé à la guerre et à l’hiver, au froid. Comme d’habitude, c’est mon artiste caché qui s’exprime ici. Un mélange de souvenirs, de lectures, de tableaux vus, de mon histoire personnelle reliée à l’holocaust.
  • admin - Tuesday 5 February 2019 17:28
    L’évasion
    C’est une cascade de pierre qui traverse la tête. Les yeux ne voient plus. Figure grise, sortie d’un vieux magazine qui se dissout dans le paysage urbain comme un souvenir ancien. Que faire dans ce monde ? Heureusement que le rêve demeure. Vite, j’enfourche mon destrier et je m’envole vers d’autres contrées non contaminées par les immeubles et les véhicules de toute sorte. En faisant cette image, je me suis souvenu d’avoir gravi une colline à Naples et d’avoir eu la même sensation, mais aussi dans un cimetière romain. Ce collage est donc tissé d’images contemporaines et de souvenirs, de lectures. La jeune fille sur son âne est tirée des Malheurs de Sophie, mais, pour moi, cette image évoque le saut dans une dimension poétique, hors de notre vie si rétrécie. Mais en la regardant plus longtemps, j’y vois aussi l’image d’une ultime évasion et la décomposition du corps. Comme quoi, l’image ne se donne pas au premier coup d’œil, il faut la lire comme on lit un livre. Et je suis heureux, comme à chaque fois, de découvrir que mon artiste caché est toujours à la commande.
  • admin - Friday 25 January 2019 09:05
    Je ne sais pourquoi je me suis senti déprimé après avoir fini ce collage. J’étais près des larmes. Est-ce parce que j’avais vu, la veille, un documentaire sur ces oiseaux rapaces sur Arte ? Les Oiseaux de Hitchcock dont j’ai revu la fin récemment ? Sans doute un peu, mais cela n’explique pas la tristesse. Essayons une autre approche, plus formelle. La différence entre le dedans, en principe protégé, et le dehors, bien plus sauvage et incarné par les oiseaux. Des forces destructrices sont en train de détruire l’ordre. Ceux qui ont voulu s’échapper ont sans doute emprunté l’escalier pour se retrouver à l’air libre. C’est un cauchemar et je ne souhaite pas que cette image soit prémonitoire. Je préfère qu’elle soit un hommage à Hitchcock. Encore que lui, avec cette foule d’oiseaux faisant le siège d’une maison, a sûrement voulu nous dire quelque chose sur la propension humaine à se mettre en foule pour persécuter un individu.
  • admin - Sunday 20 January 2019 11:14
    Ici encore, la question de la cohérence de l’image s’est posée à moi. C’est le personnage central qui suscite en moi le plus de questions. Que fait-il là ? Une des clés est le corps qui part en fumée derrière lui – un motif qui renvoie à certains autodafés. Le personnage penché exhale, lui, le feu et la fumée vers les gens qui attendent le train, munis de leur drapeau US. La boîte rectangulaire en bois devient lisible : c’est un cercueil, probablement un soldat tombé par ex. en Syrie. Le personnage central – sans doute une femme - car j’ai brouillé les pistes, exprime littéralement sa douleur et tombe dans un immense deuil que l’enfant essaie d’empêcher. Elle tourne le dos au paysage et à ses beautés, elle n’essaie même pas d’amortir sa chute – les gens dehors n’y voient rien, ils ne font que prendre des photos, mettant ainsi de la distance entre eux et la violence du monde.
  • admin - Friday 18 January 2019 22:40
    J’ai voulu faire un collage à la limite de l’amateurisme, qui frise l’incohérence. J’ai eu du mal à le mener au bout, tant les fragments refusaient de s’assembler pour former un tout. Mais à le regarder à distance, il me semble tendre vers une certaine unité. Mais que veut dire ce titre ? J’ai fini par me retrouver un peu dans ce visage composite et la manière de me tenir assis qui me rappelle une photo prise avant mes dix ans. Le couvre-chef et le fameux bonnet du bouffon, les grelots s’étant mués en ballons. Et cela sous le regard moqueur d’une femme qui me regarde. Est-ce une muse ? Reste le fragment montrant trois hommes orientaux au bord de l’eau, formant une sorte de table sur laquelle le personnage va dessiner ou écrire quelque chose. C’est peut-être l’instant où une image ou un texte va se former, une suspension dans le temps, un arrêt avant image. On serait à un moment où on se demande s’il faut continuer, arranger, préciser, enlever ou rajouter. Mais à réflexion, je pense qu’il il ne faut pas le faire ici. Je le laisse tel quel. Peut-être se mettra-t-il à faire sens dès que j’aurai le dos tourné.
  • admin - Thursday 17 January 2019 16:42
    Ici, deux univers cohabitent. Au premier coup d’œil – distrait, comme à l’accoutumé, on perçoit qu’il s’agit des ateliers de couture du tiers monde aux conditions guère supportables chez nous et, sans doute aussi, que le patron est bien de chez nous, de manière indirecte s’entend. Mais une image ne fait guère dans la dentelle, elle juxtapose, c’est tout. Et puis il y a le souvenir de l’atelier de confection appartenant à mon père qui fabriquait, entre autres, les soldes de C&A et qui a fini par fermer dans les années 50 à cause de la concurrence venue d’ailleurs. Ce que j’aime dans cette image, c’est ces différentes strates de lecture, et surtout l’apparent désordre qui y règne malgré une composition rigoureuse en étoile.
  • admin - Thursday 17 January 2019 11:37
    Un thème récurrent chez moi : l’enfant-roi cruel. Je me suis interrogé si j’ai été, moi aussi, un tel petit monstre. Ne trouvant pas trace dans ma mémoire, je me dis que c’est un effet bienfaisant de ma mémoire sélective ou qu’en effet, j’ai plutôt été victime que bourreau, surtout que mon frère remplissait déjà parfaitement ce rôle . Ce n’est qu’à partir de mon adolescence que j’arrive à trouver des traces de divers forfaits peu glorieux. Voilà pour le background personnel. Je trouve cette image bien expressive, à contre-courant des bébés présentés par la pub. La déformation du visage par la rage, l’indifférence par rapport à l’effet produit et aux conséquences de l’acte cruel, la jouissance aveugle, tout cela me semble correspondre à la réalité. Sauf qu’ici, la violence ne s’exerce que sur des jouets – il est vrai que je leur ai donné un peu de vie, à l’instar de l’adulte sur la droite qui provient de mes lectures d’E.T.A. Hoffmann et autres contes de mon enfance.
    Comme dans de nombreux collages de format A3 et plus, le fait d’utiliser une double page magazine induit une dualité entre le côté gauche et droit, comme dans des peintures opposant enfer et paradis, à la différence que l’enfer n’est plus dans les entrailles de la terre, mais bien parmi nous.
  • admin - Wednesday 16 January 2019 10:05
    Sur la cohérence de l’image.
    J’entends par cohérence une logique formelle et de contenu comme pour un film, un clip, une chanson etc. (Le contraire serait le chaos). Il est vrai que cette cohérence a été mise à mal par les mouvements du début du 20e s. Mais il me semble que, souvent, son absence est due à un manque de relecture et de correction comme cela se fait pour un livre par ex. En ce qui me concerne, je me pose toujours la question de la cohérence tout en flirtant avec son contraire. En fait, j’essaie de combiner des éléments qui ont du mal à s’assembler, surtout au niveau spatial. L’effet produit est un langage poétique qui est, cependant, relié au langage que tout le monde utilise. C’est une recherche qui me semble universelle, mais qui exige beaucoup de rigueur. Or le collage peut induire de la paresse, pousser à se satisfaire trop vite du résultat. On m’objectera que je suis mal placé pour prêcher la lenteur, mais je dirai que je compense une plus longue durée d’élaboration par l’intensité avec laquelle je crée et par ma vigilance quant à la cohérence de l’image. Je n’y arrive pas tous les jours, mais j’y travaille image après image. Autrement dit : mes collages ne sont pas toujours à la hauteur de mon ambition car je bute contre mes propres limites, mais pour aboutir à une œuvre cohérente, je me mets tous les jours à ma table de collage pour éprouver ma capacité d’inventer une image nouvelle. C’est ce que fait tout créateur digne de ce nom.
  • admin - Tuesday 15 January 2019 08:59
    C'est de l'humour par rapport au pessimisme ambiant quant à la disparition des espèces. L'hippo est un dernier avatar de la biosphère tout comme ce pape qui ne représente plus rien, tel un dieu qui regarde le désastre qu'est devenu sa création.